Avec le Valve, la stratégie est désormais bien rodée : rassurer les joueurs tout en facilitant la vie des développeurs. Après le succès du programme Steam Deck Verified, l’entreprise s’apprête à décliner ce système de certification sur son futur PC gaming Linux préassemblé, la Steam Machine. Une adaptation qui se fera toutefois avec des exigences nettement revues à la baisse.
Dans un entretien accordé à GameDeveloper, le designer Lawrence Yang a confirmé que la vérification Steam Machine sera moins contraignante que celle imposée au Steam Deck. Et pour cause : là où la machine portable impose de nombreuses limitations techniques, le nouveau PC de Valve joue dans une tout autre catégorie.

Sur Steam Deck, la validation d’un jeu repose sur plusieurs critères stricts : performances sur un matériel modeste, lisibilité de l’interface sur un écran compact, compatibilité avec les contrôles intégrés ou encore absence de dépendance excessive au clavier virtuel. Des contraintes inhérentes au format nomade, que la Steam Machine n’a tout simplement pas à gérer.
Présentée par Valve comme offrant une puissance équivalente à « six Steam Decks », la Steam Machine promet un confort d’exécution bien supérieur. L’utilisation sur écran classique, associée à un clavier et une souris, élimine d’emblée nombre de problématiques d’ergonomie. Résultat : les jeux auront, dans la grande majorité des cas, beaucoup moins de difficultés à répondre aux critères de validation.
Mieux encore, Valve a établi une règle simple et rassurante pour les studios. Un jeu déjà Steam Deck Verified sera automatiquement validé sur Steam Machine. « Si votre titre est vérifié sur Steam Deck, il le sera aussi sur Steam Machine », résume Lawrence Yang, sans détour.

En revanche, un autre produit viendra rebattre les cartes : le Steam Frame. Cette nouvelle plateforme bénéficiera de son propre système de vérification, avec des exigences spécifiques que Valve prévoit de détailler directement auprès des développeurs. Le processus restera néanmoins familier, avec phases de tests approfondies et retours techniques, à l’image du programme Steam Deck actuel.
Annoncée en novembre aux côtés du Steam Frame et du nouveau Steam Controller, la Steam Machine n’a pas encore de date de sortie officielle. Valve continue toutefois de lever progressivement le voile sur ses choix technologiques. L’ingénieur Steve Cardinali a notamment expliqué pourquoi le constructeur a abandonné le Bluetooth au profit d’un protocole sans fil propriétaire pour son nouveau contrôleur.

Selon lui, le Bluetooth souffre d’une trop grande variabilité selon les environnements domestiques : interférences, réseaux saturés, latence accrue lorsque plusieurs périphériques sont connectés. Le nouveau récepteur sans fil, baptisé Puck, vise précisément à corriger ces faiblesses.
Valve a également anticipé un problème souvent négligé : les interférences causées par les clés USB branchées à l’arrière des PC. En intégrant une fonction de recharge au Puck, la marque encourage son positionnement dans un espace plus dégagé, améliorant à la fois la stabilité de la connexion et l’expérience utilisateur.
Avec la Steam Machine, Valve semble donc vouloir capitaliser sur les enseignements du Steam Deck, tout en simplifiant l’accès à son écosystème PC sous Linux. Une approche pragmatique, fidèle à la philosophie maison : laisser la technologie s’effacer derrière l’expérience de jeu.

