Le prochain film Resident Evil commence déjà à intriguer les fans, et pas seulement parce qu’il marque un nouveau départ pour la licence au cinéma. Alors que beaucoup s’attendaient à une adaptation très fidèle des épisodes les plus cultes, le réalisateur Zach Cregger et le chef décorateur Tom Hammock semblent avoir choisi une direction plus personnelle, en allant chercher leur inspiration là où on ne l’attendait pas forcément : du côté de Resident Evil 6.
Sorti en 2012, Resident Evil 6 reste encore aujourd’hui l’un des jeux les plus divisifs de la franchise. Très orienté action, parfois excessif dans sa mise en scène et éloigné de l’horreur de survie traditionnelle, l’épisode avait déçu une partie des joueurs à sa sortie. Pourtant, son univers visuel, ses mutations grotesques et son bestiaire très organique semblent avoir marqué l’équipe du nouveau film.

Lors d’une visite de plateau relayée par GamesRadar, Tom Hammock a expliqué que plusieurs créatures du long-métrage reprendront des éléments issus de Resident Evil 4 et Resident Evil 6. L’objectif ne serait pas de reproduire les monstres des jeux à l’identique, mais plutôt d’en extraire certaines idées fortes : les tentacules, les mâchoires déformées, l’intégration des dents dans les mutations, ou encore cette sensation de corps humain qui bascule progressivement vers quelque chose de monstrueux.
Ce choix peut surprendre, mais il n’est pas dénué de logique. Resident Evil 4 reste une référence majeure pour son ambiance oppressante, son rythme et son sens du danger permanent. Resident Evil 6, malgré ses critiques, proposait de son côté des mutations plus extrêmes, presque incontrôlables, qui peuvent parfaitement nourrir une vision plus viscérale et cinématographique de l’horreur biologique.

Tom Hammock a également confié s’être appuyé sur des recherches médicales pour concevoir les créatures du film. Son idée était de partir d’une base crédible, presque clinique, avant de la faire dériver vers l’absurde et le cauchemardesque. C’est précisément ce mélange entre réalisme biologique et folie visuelle qui pourrait donner au reboot une identité plus marquée que les précédentes adaptations.
De son côté, Zach Cregger semble assumer une approche qui ne plaira pas forcément à tous les fans. Le réalisateur a déjà expliqué qu’il ne comptait pas raconter directement l’histoire des jeux, estimant que les titres de Capcom le font déjà très bien. Le film devrait donc proposer une intrigue originale, située dans l’univers de Resident Evil, mais sans chercher à refaire les aventures de Leon, Chris, Jill ou Claire.

C’est un pari risqué, surtout pour une licence aussi surveillée par sa communauté. Les fans de Resident Evil sont attachés aux personnages, aux lieux iconiques et aux codes très précis de la saga. Mais cette liberté peut aussi permettre au film d’éviter le simple copier-coller et de construire une vraie proposition de cinéma, plus proche d’un cauchemar inspiré par les jeux que d’une adaptation scolaire.
Le premier teaser du film, dévoilé récemment, allait déjà dans cette direction. Peu de références directes aux héros cultes, peu de clins d’œil évidents, mais une ambiance plus sombre, plus étrange, avec une volonté visible de revenir à une horreur physique et dérangeante. Reste maintenant à voir si cette vision saura convaincre les joueurs, notamment ceux qui attendent depuis longtemps une adaptation capable de respecter l’esprit de la saga sans forcément reprendre chaque scène connue.
Avec une sortie prévue le 18 septembre, ce nouveau Resident Evil s’annonce donc comme une adaptation à part. En puisant à la fois dans l’aura culte de Resident Evil 4 et dans l’imagerie monstrueuse de Resident Evil 6, Zach Cregger semble vouloir créer un film moins nostalgique, mais potentiellement plus audacieux. Un choix qui pourrait diviser, mais qui a au moins le mérite de ne pas jouer la carte de la facilité.

