Le début de l’année 2026 pourrait bien marquer un tournant historique pour la scène du modding console. Selon plusieurs sources concordantes, dont le site Tom’s Hardware, les clés ROM de la PlayStation 5 auraient fuité en ligne un événement rare, profond, et potentiellement explosif pour l’architecture de sécurité de Sony.
Soyons clairs d’entrée : non, la PS5 n’est pas jailbreakée aujourd’hui. Mais pour la première fois depuis son lancement, l’une des couches de sécurité les plus fondamentales de la console aurait été compromise.
Pourquoi ces clés ROM sont cruciales

Pour comprendre l’ampleur de la situation, il faut descendre au cœur même du matériel. Les clés ROM sont intégrées directement dans le processeur de la console lors de sa fabrication. Elles servent à vérifier l’authenticité du BootROM au démarrage, première étape de ce que les experts appellent la chain of trust la chaîne de confiance.
Selon The Cyber Guru, il s’agit tout simplement de la couche la plus protégée du système. Contrairement aux failles logicielles ou aux exploits kernel déjà observés par le passé, cette partie ne peut pas être corrigée par une mise à jour système.
En d’autres termes : si ces clés sont bel et bien valides et exploitables, Sony ne peut pas les « patcher » à distance.
Pas de jailbreak immédiat… mais une porte entrouverte

Il est important de tempérer l’enthousiasme.
La PS5 est déjà jailbreakée, mais uniquement via des failles logicielles limitées, dépendantes de versions précises du firmware. Cette fuite ne signifie donc pas que des PS5 jailbreakées vont apparaître massivement sur le marché dans les prochains jours ou semaines. L’exploitation des clés ROM ne permet pas, à elle seule, d’accéder immédiatement à un custom firmware ou à un système profondément modifié. Il s’agit d’une avancée technique majeure, mais encore éloignée d’un jailbreak matériel grand public.
En revanche, elle permet aux hackers et chercheurs en sécurité d’analyser en profondeur le processus de démarrage de la console, d’identifier les prochaines étapes à cibler, et potentiellement de poser les bases d’un jailbreak matériel, bien plus durable que les failles logicielles temporaires connues jusqu’ici.
Un expert résume la situation avec une métaphore parlante :
« C’est comme perdre la clé du coffre-fort de la banque, pas simplement apprendre à forcer la porte d’entrée. »
Un casse-tête industriel pour Sony

Si la fuite se confirme, les options de Sony sont extrêmement limitées. La seule solution définitive serait de produire de nouvelles cartes mères intégrant de nouvelles clés matérielles. Autrement dit : un changement de hardware.
Avec plus de 84 millions de PS5 déjà vendues dans le monde, sans compter les stocks encore en circulation, un rappel massif est tout simplement irréaliste financièrement comme logistiquement. Résultat : les consoles déjà sur le marché resteraient, en théorie, vulnérables à long terme.
À l’heure actuelle, Sony n’a publié aucun communiqué officiel et n’a pas confirmé l’authenticité de la fuite.
Un précédent qui rappelle de mauvais souvenirs

Ce n’est pas la première fois que Sony fait face à une crise de sécurité majeure. La PlayStation 3 avait déjà été lourdement touchée par une erreur cryptographique qui avait ouvert la porte au piratage et aux homebrews. Nintendo, de son côté, avait connu un scénario similaire avec la Switch et la faille du Tegra X1.
L’histoire montre une chose : quand le matériel cède, les conséquences sont durables.
Pour l’instant, la prudence reste de mise. Aucun jailbreak grand public n’est disponible, et rien ne garantit que cette fuite débouchera sur une solution exploitable à court terme. Mais une certitude s’impose : la forteresse PS5 n’est plus inviolable.
Les prochaines semaines seront cruciales pour mesurer l’impact réel de cette fuite et pour voir si Sony choisira le silence, la minimisation… ou une stratégie défensive plus radicale.

