Depuis son officialisation, l’enthousiasme autour d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced ne faiblit pas. Le titre hisse déjà le pavillon noir au sommet des classements de précommandes, s’arrogeant la première place sur le PlayStation Store dans de multiples territoires et s’immisçant habilement dans les meilleures ventes de la plateforme Steam.
Cette ferveur est telle que les serveurs du jeu original de 2013 connaissent un regain d’activité notable, preuve irréfutable de l’aura intacte de cet épisode. Tous les voyants semblaient au vert pour un lancement historique. Pourtant, une ombre vient de s’abattre sur ce tableau idyllique, menaçant de transformer cette sortie très attendue en véritable mutinerie numérique.

L’alerte a été donnée par le site Push Square, dont l’œil avisé a repéré un détail lourd de sens sur les jaquettes officielles. Qu’il s’agisse des versions destinées au marché nord-américain ou européen, la mention inscrite sur la boîte est sans équivoque : une connexion internet est impérative pour installer le jeu. Une découverte qui passe mal auprès des puristes de l’édition physique, habitués à posséder une version autonome et durable de leurs titres favoris sur galette.
AC Black Flag Resynced Launch Edition
La grogne monte autour de la préservation du format physique

Si la récente sortie de Crimson Desert a banalisé cette pratique pour des raisons d’espace de stockage massif impossible à contenir sur un simple Blu-ray, la pilule reste particulièrement amère pour les fidèles de la confrérie des Assassins. Sans surprise, la fronde s’organise déjà sur les réseaux sociaux et notamment sur les forums Reddit dédiés à la licence. La tension est palpable, de nombreux joueurs fustigeant une démarche qu’ils qualifient ouvertement d’anti-consommateur.
AC Black Flag Resynced Collectors Edition
Pour cette frange très active de la communauté, faire l’acquisition d’un support physique perd fondamentalement de son intérêt si ce dernier n’est en réalité qu’une clé d’activation nécessitant de rapatrier l’essentiel des données depuis les serveurs de l’éditeur. Face à cette situation qui soulève d’importantes questions sur la préservation du média, les appels au boycott se multiplient, jetant un froid soudain sur une campagne promotionnelle jusqu’ici menée d’une main de maître.

Jusqu’à ce point de friction, l’éditeur francophone avait pourtant su flatter les attentes de son public. En promettant un retour aux fondamentaux, marqué par des affrontements plus viscéraux et l’amputation assumée des mécaniques RPG souvent jugées chronophages, Ubisoft semblait avoir trouvé la formule idéale pour raviver la flamme de cette épopée pirate. L’entreprise avait coché toutes les bonnes cases pour s’assurer l’adhésion des vétérans comme des nouveaux venus.
Néanmoins, l’industrie du jeu vidéo nous a maintes fois prouvé que la confiance des joueurs reste une donnée fragile. Il reste désormais à observer si cette obligation technique aura un impact tangible sur les ventes finales de la version boîte, ou si l’appel du grand large prendra finalement le pas sur les principes des collectionneurs. Une chose est sûre, les débats autour du tout-dématérialisé imposé de manière détournée ne font que (re)commencer.

