La bataille technique de cette génération de consoles ne se dispute plus uniquement à coup de puissance brute, mais au cœur des algorithmes d’apprentissage automatique. Alors que la reconstruction d’image assistée par intelligence artificielle s’impose comme le nouveau standard de l’industrie, l’écosystème Xbox s’apprête peut-être à franchir un palier stratégique. D’après des indiscrétions récentes, Microsoft et AMD travailleraient à l’intégration de la technologie AMD FSR 4.1 sur Xbox Series X et Xbox Series S. Une manœuvre logicielle cruciale pour permettre au constructeur américain de tenir la cadence face aux dernières avancées de Sony.
Un indice prometteur pour la communauté Xbox
L’étincelle est venue d’un échange sur le réseau social X, repéré et partagé par l’insider IdleSloth. Interrogé directement par un joueur sur une éventuelle arrivée de la mise à l’échelle FSR 4.1 sur Xbox Series, Jez Corden, journaliste reconnu chez Windows Central, s’est fendu d’un commentaire laconique mais particulièrement révélateur : restez à l’écoute sur ce sujet, ponctuant sa phrase d’un sourire complice. Connaissant la fiabilité habituelle du reporter concernant les projets internes de la firme de Redmond, cette prise de parole sonne comme le prélude à une officialisation prochaine.
Ce calendrier coïncide d’ailleurs avec les ambitions formulées récemment par AMD. La marque rouge a en effet manifesté sa volonté d’étendre son architecture FSR 4 à un parc de machines beaucoup plus large d’ici la fin de l’année 2026. Contrairement aux versions précédentes du FidelityFX Super Resolution, qui s’appuyaient principalement sur des filtres temporels et spatiaux sans composante neuronale, cette nouvelle génération s’oriente vers le traitement automatique des données d’affichage pour reconstruire une image nette tout en soulageant la charge graphique.
Xbox Series X et S : une architecture prête pour l’intelligence artificielle

Sur le plan purement matériel, les consoles de salon de Microsoft disposent des fondations requises pour exploiter ces bibliothèques de calcul, même si leurs capacités respectives imposent une nette différence d’échelle. La Xbox Series X dispose d’une réserve de calcul estimée à près de cinquante téraopérations par seconde (TOPs) pour les opérations en nombres entiers sur 8 bits (INT8). Sa petite sœur, la Xbox Series S, affiche quant à elle un rendement d’environ seize TOPs sur ce même type de calcul.
Ces valeurs restent certes modestes face aux puces graphiques PC les plus modernes, mais elles offrent une marge de manœuvre technique suffisante pour intégrer une version adaptée du FSR 4.1 dans les kits de développement Xbox. Pour les studios de développement, l’enjeu consiste à offrir des résolutions virtuelles impeccables sur les téléviseurs modernes sans forcer le matériel à calculer chaque pixel de manière native, garantissant ainsi un taux de rafraîchissement stable dans les séquences les plus denses.
La réponse de Microsoft face au PSSR et au QSSR de Sony

L’urgence d’une telle intégration s’explique par les mouvements récents de Sony sur le terrain du traitement d’image. Sur le segment intermédiaire haut de gamme, la PlayStation 5 Pro dispose d’un avantage architectural net grâce à son processeur neuronal dédié, capable d’atteindre les trois cents TOPs. Cette puissance de calcul, environ six fois supérieure à celle d’une Xbox Series X en INT8, permet à Sony d’exploiter pleinement sa technologie propriétaire PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution).
La PlayStation 5 d’origine, privée d’accélération matérielle en INT8, s’appuie quant à elle sur des calculs en virgule flottante sur 16 bits (FP16) pour faire fonctionner sa propre variante logicielle, le QSSR (Quick Spectral Super Resolution). Cette solution commence déjà à faire ses preuves sur des productions de premier plan comme Marvel’s Wolverine et Ghost of Yōtei via des correctifs graphiques dédiés. Les équipes d’Insomniac Games et de Sucker Punch Productions rapportent une amélioration sensible de la netteté à l’écran, une meilleure restitution des détails dans les décors et une stabilité temporelle qui élimine une grande partie des défauts d’affichage constatés auparavant.




