Alors que la Nintendo Switch 2 s’apprête à entamer sa première année de commercialisation, le constructeur japonais commence à faire face à une équation économique plus complexe que prévu. En toile de fond : une crise mondiale de la mémoire, alimentée notamment par l’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle, qui pousse les coûts de production à la hausse.
Fin 2025, Nintendo assurait pourtant ne pas envisager d’augmenter le prix de sa nouvelle console, malgré un marché des composants déjà sous tension. Mais depuis, plusieurs rapports ont évoqué une hausse spectaculaire du coût de la mémoire utilisée dans la Switch 2, avec des augmentations pouvant atteindre plus de 40 % par rapport aux précédentes estimations.
Une pression invisible… pour l’instant

Interrogé par le quotidien japonais Kyoto Shimbun, le président de Nintendo, Shuntaro Furukawa, a reconnu que la situation restait sous étroite surveillance. Selon lui, la demande accrue en mémoire largement tirée par le secteur de l’IA n’a pas encore eu d’impact direct sur les résultats financiers de l’entreprise.
Mais le dirigeant se montre prudent. Il souligne que la volatilité actuelle du marché, combinée à des tensions sur l’offre, pourrait finir par peser sur la rentabilité de la Switch 2 si ces conditions devaient s’inscrire dans la durée. Un avertissement mesuré, mais clair : l’équilibre reste fragile.
Lorsqu’il a été question d’une éventuelle hausse de prix, Furukawa a soigneusement évité de se projeter, se refusant à commenter des scénarios hypothétiques. Une posture classique chez Nintendo, qui préfère garder une marge de manœuvre stratégique tant que la situation reste incertaine.
Un positionnement prix déjà sensible

Le sujet n’est pas anodin. Affichée à un tarif avoisinant les 500 euro selon les marchés et les bundles, la Switch 2 flirte déjà avec un seuil psychologique important pour le grand public. Toute augmentation supplémentaire risquerait d’altérer la perception de la console, historiquement positionnée comme une alternative plus accessible face à ses concurrentes.
D’autant que le contexte global ne joue pas en faveur de la stabilité : ces derniers mois, PlayStation et Xbox ont tous deux procédé à des ajustements tarifaires, normalisant progressivement l’idée de consoles plus chères en génération actuelle.
Vers des modèles alternatifs retardés ?

Si Nintendo n’a, à ce stade, annoncé aucun changement de stratégie, certains analystes estiment que la hausse durable des coûts pourrait également ralentir l’arrivée de futures déclinaisons de la console. Les hypothétiques versions OLED ou Lite, souvent dépendantes d’une baisse progressive des coûts de production, pourraient ainsi se faire attendre plus longtemps que prévu.
Pour l’heure, Nintendo dit s’inspirer de son approche face aux tensions douanières passées : ajuster ses chaînes d’approvisionnement, absorber une partie des coûts si nécessaire, et préserver autant que possible la satisfaction des joueurs sans sacrifier sa rentabilité.
Rien n’indique donc une hausse de prix imminente. Mais une chose est sûre : dans un marché des composants de plus en plus imprévisible, la Switch 2 n’échappera pas éternellement aux réalités économiques qui frappent l’ensemble de l’industrie.

