Après la folie du minage de cryptomonnaies et ses cartes graphiques hors de prix, le PC gaming traverse une nouvelle zone de turbulence. Cette fois, le coupable n’est pas Bitcoin, mais l’explosion de l’intelligence artificielle. Serveurs, accélérateurs IA, centres de données : tous se ruent sur la mémoire, provoquant une tension massive sur le marché de la DRAM et du stockage. Résultat : monter ou mettre à jour un PC n’a jamais coûté aussi cher depuis des années.
Pourtant, dans ce paysage tendu, un signal encourageant commence à émerger.
L’IA affame la mémoire, le PC trinque

La situation est désormais bien connue des joueurs PC. L’IA générative, devenue priorité absolue des géants de la tech, consomme des volumes colossaux de mémoire haut débit. Cette ruée a mécaniquement asséché l’offre disponible pour le grand public, faisant grimper les prix de la DRAM à des niveaux difficilement justifiables pour un usage gaming.
Les conséquences sont immédiates : configurations plus coûteuses, mises à jour repoussées, et un sentiment de déjà-vu rappelant la crise du minage. Sauf que cette fois, la demande semble bien plus structurelle.
Samsung enclenche la montée en puissance

Dans ce contexte morose, Samsung apporte une note d’espoir. Selon un rapport du média économique ChosunBiz, le géant coréen accélère l’augmentation de ses capacités de production de DRAM.
Son immense complexe de Pyeongtaek, véritable cœur industriel du groupe, voit la construction des lignes P4 et P5 être priorisée. L’objectif est clair : produire plus, plus vite, afin de répondre à une demande mondiale devenue incontrôlable.
Mais il faut tempérer l’enthousiasme. Ces infrastructures sont encore en chantier, et leurs effets ne se feront pas sentir immédiatement sur les étagères des revendeurs. Samsung prévoit d’ouvrir progressivement les commandes, mais l’impact réel sur les prix ne devrait pas se matérialiser avant fin 2026, voire 2027.
Des tensions appelées à durer

Samsung n’est pas seul sur le front de la mémoire. Plus tôt, SK Hynix avait averti que la pénurie pourrait s’étendre jusqu’en 2028. Le fabricant concentre aujourd’hui ses efforts sur des solutions ultra-spécialisées pour l’IA, comme la HBM4, essentielles pour les accélérateurs de calcul… mais peu bénéfiques à court terme pour le marché gaming.
Un autre acteur tente aussi de se faire une place : le chinois CXMT. Son arrivée progressive sur le marché de la DRAM pourrait, à terme, apporter une bouffée d’oxygène dès 2026. Reste que les contraintes technologiques et géopolitiques limitent pour l’instant son impact réel.
Pour les joueurs PC, le message est clair : les prix resteront élevés encore un bon moment. La bonne nouvelle, c’est que l’industrie ne reste pas immobile. L’augmentation des capacités chez Samsung montre que les fondeurs anticipent déjà l’après-crise.
La mauvaise, c’est que cette sortie de tunnel prendra du temps. En attendant, le PC gaming devra composer avec une réalité brutale : à l’ère de l’IA, la mémoire est devenue une ressource stratégique, et les joueurs ne sont plus seuls à la convoiter.

