Alors que Sony prévoit d’abandonner les disques pour ses nouveaux jeux PlayStation à partir de 2028, la question de la propriété numérique revient au centre du débat. Aux États-Unis, un élu démocrate veut empêcher les éditeurs de priver les joueurs de leurs achats et leur garantir un accès plus durable aux jeux vidéo.
Le représentant de New York Ritchie Torres a présenté le Power to the Players Act, un projet de loi visant à renforcer les droits des consommateurs. Le texte prévoit de charger la Federal Trade Commission (FTC) d’établir des règles pour mieux protéger les jeux achetés en version numérique et les droits de leurs propriétaires.
Le Power to the Players Act veut renforcer la propriété numérique

Sur les plateformes numériques, acheter un jeu ne signifie pas toujours en disposer sans restriction. Les conditions d’utilisation prévoient généralement une licence d’accès, dont les modalités peuvent dépendre des décisions de l’éditeur ou du fonctionnement du service. La fermeture d’une boutique ou l’arrêt de serveurs peuvent alors limiter l’accès à certains contenus.
Ritchie Torres veut faire évoluer ce système pour que les consommateurs puissent conserver leurs jeux et bénéficier de droits plus solides sur leurs achats, notamment en matière d’utilisation et de transfert.
« Les consommateurs doivent avoir le droit de posséder, de jouer et de transférer les jeux qu’ils achètent », explique le représentant dans son annonce officielle. Il estime qu’un jeu susceptible de disparaître lorsque son éditeur abandonne un service ressemble davantage à une location qu’à un véritable achat.
Cette proposition prend une dimension particulière avec le recul annoncé du format physique. Les disques permettent encore de conserver un exemplaire tangible d’un jeu, même si certaines fonctionnalités peuvent nécessiter une connexion. À l’inverse, les achats numériques reposent davantage sur les conditions d’utilisation et les infrastructures des plateformes.
NBA 2K25 illustre les limites des jeux dépendants des serveurs

Le calendrier de fin de service de NBA 2K25 illustre les préoccupations soulevées par cette initiative. Le jeu de basket doit être retiré des boutiques numériques le 30 octobre 2026, avant la fermeture de ses serveurs le 31 décembre de la même année.
Cette échéance ne signifie toutefois pas que l’intégralité du jeu deviendra inaccessible. Certains modes hors ligne resteront disponibles, tandis que les fonctionnalités qui dépendent des serveurs, notamment MyCAREER et MyTEAM, ne pourront plus être utilisées après leur fermeture.
Le problème concerne donc surtout la disparition d’une partie du contenu malgré l’achat initial. Les joueurs risquent ainsi de perdre l’accès à des fonctionnalités importantes sans pouvoir empêcher cette décision.
Le projet de loi entend répondre à cette situation en obligeant les éditeurs concernés à prévoir des modes hors ligne avant l’arrêt de leurs serveurs. Une telle mesure viserait à préserver davantage de fonctionnalités, même lorsque le soutien officiel d’un jeu prend fin.
Une proposition qui doit encore franchir les étapes législatives

Le texte rejoint les revendications du mouvement Stop Killing Games, qui défend des solutions pour éviter que les jeux vidéo deviennent inutilisables après l’abandon de leurs services en ligne.
Pour les joueurs, l’enjeu est concret : pouvoir continuer à profiter de leurs achats sans dépendre entièrement de la volonté des éditeurs. Le débat concerne aussi la préservation du patrimoine vidéoludique, alors que certaines productions deviennent difficiles à retrouver ou à utiliser après la fermeture de leurs infrastructures.
Le Power to the Players Act n’est cependant pas encore une protection entrée en vigueur. Son adoption dépendra du processus législatif américain, et ses dispositions devront être précisées avant toute application.
Avec la progression du dématérialisé, cette initiative remet sur la table une question essentielle pour l’avenir du jeu vidéo : quels droits un joueur doit-il conserver après avoir payé un jeu ?




