À quelques jours de son lancement officiel, le très attendu Crimson Desert fait face à une véritable tempête communautaire. Entre l’intégration surprise d’un DRM très impopulaire et une communication particulièrement opaque concernant le rendu sur PS5 et Xbox Series, le studio Pearl Abyss joue dangereusement avec la confiance de son public.
La lune de miel aura été de courte durée. Alors que la communauté trépignait d’impatience à l’idée de plonger dans l’univers dark fantasy de Pearl Abyss, une première ombre est venue noircir le tableau : l’ajout soudain du système anti-piratage Denuvo. Cette décision, entérinée à quelques jours seulement de la sortie du jeu, a logiquement fait grincer des dents la sphère PC.

Historiquement, ce logiciel est régulièrement pointé du doigt pour son impact délétère sur les performances, engendrant parfois des soucis de stuttering ou des baisses de framerate. Sur le plan purement marketing, cette manœuvre tardive donne furieusement l’impression que l’éditeur a cherché à esquiver une vague d’annulations de précommandes, instillant un premier doute légitime chez les joueurs.
Crimson Desert Edition Deluxe
Mais c’est du côté de la sphère console que le feu couve réellement. Le traumatisme de la sortie chaotique de Cyberpunk 2077 a laissé des cicatrices profondes dans l’industrie, et l’absence totale de séquences de gameplay capturées sur les machines de base, à savoir la PS5 standard et les Xbox Series X|S, agit comme un énorme signal d’alarme. Jusqu’à présent, Pearl Abyss s’est contenté de faire briller son bébé sur des configurations PC musclées et, tout récemment, sur la rutilante PS5 Pro par l’entremise des experts techniques de Digital Foundry.
Ce choix éditorial de ne montrer que les versions premium laisse inévitablement craindre un downgrade graphique massif ou une optimisation faite à la truelle pour le parc de consoles majoritairement installé dans nos salons.
Face au bad buzz qui enfle sur les réseaux sociaux, Will Powers, responsable des relations publiques du jeu, est monté au créneau pour éteindre l’incendie. Dans un tweet aux allures de bouclier humain, il souligne que les spécifications techniques ont été dévoilées pour l’ensemble des plateformes et que des vidéos tournent déjà sur trois supports différents.

Il y réclame par la même occasion un repos bien mérité pour son équipe vidéo. Si cette prise de parole se veut humaine et compréhensible du point de vue des conditions de travail, elle frôle le hors-sujet sur le plan consumériste. Répondre par la carte de l’épuisement face à des inquiétudes légitimes sur la viabilité technique d’un produit vendu au prix fort n’a fait qu’attiser les braises de la suspicion.
Crimson Desert Edition standard
À moins de soixante-douze heures de son arrivée dans les bacs ce 19 mars, Crimson Desert avance donc sur un fil d’équilibriste. Le titre caracole toujours en tête des ventes sur Steam et Amazon, porté par une hype initiale titanesque et la promesse d’une claque visuelle sur PC. Cependant, Pearl Abyss prend le risque de se mettre à dos une part massive de son public console. Reste désormais à savoir si ce silence radio cachait un véritable naufrage technique ou une simple maladresse communicationnelle. Le verdict tombera très bientôt, manette en main.

