Il y a des lancements discrets, et puis il y a ceux qui se transforment en débat public en 24 heures. Code Violet, exclusivité PlayStation fraîchement débarquée, appartient clairement à la seconde catégorie. Déjà secoué par un accueil critique difficile, le jeu voit désormais son studio, TeamKill Media, monter au front sur les réseaux sociaux avec un message limpide : le développeur assure ne pas faire des jeux “pour les critiques”, mais pour “les fans” et les joueurs qui “dépensent leur argent”.
Une sortie de piste ? Une déclaration de principes ? Un peu des deux. Et surtout, un nouvel épisode dans une communication qui, depuis plusieurs mois, place Code Violet dans une zone de turbulence constante.
“On ne fait pas des jeux pour les critiques”
Dans sa publication, TeamKill Media revendique un positionnement presque “anti-presse” : le studio explique travailler pour son public avant tout, et remercie ceux qui soutiennent le jeu. Le message insiste aussi sur un point précis : Code Violet serait devenu “numéro un”, et les joueurs s’amuseraient avec un gameplay assumé comme “old school” quitte à être qualifié de “daté” par certains.

Dans le contexte, ce “numéro un” semble renvoyer à un classement de ventes côté PlayStation, plus précisément la section des meilleures ventes parmi les nouveautés, où Code Violet se retrouve effectivement devant des titres remarqués comme Terminator 2D: No Fate ou Pathologic 3. Une performance qui, pour un studio indépendant, a de quoi compter… mais qui ne suffit pas à éteindre l’incendie.
Une réception critique compliquée, et déjà des mots très durs

Sur le terrain des tests, Code Violet ne parvient pas à emballer. À l’instant T, le jeu affiche un score Metacritic de 40 sur la base de six critiques un échantillon encore limité, certes, mais suffisamment parlant pour dessiner une tendance.
Certaines sorties presse se montrent particulièrement sévères, décrivant une expérience éprouvante, des systèmes de jeu maladroits et des choix de design difficiles à défendre. À cela s’ajoute un angle de critique malaisant sur la mise en scène du personnage principal, qui parasite le débat de fond : au lieu de parler uniquement de level design, de rythme ou de sensations de jeu, la discussion glisse aussi vers ce que le jeu donne à voir et pourquoi.
Les joueurs aussi sont partagés : le PS Store ne suit pas la narration “fans”

Et c’est là que le récit “fans vs critiques” se fissure : les retours négatifs ne viennent pas uniquement des médias. Sur le PlayStation Store, Code Violet affiche une note moyenne d’environ 2,93/5, basée sur 1 700 évaluations de propriétaires vérifiés, selon la plateforme. Plus révélateur encore : les notes 1 et 2 étoiles représenteraient 46% des avis, et les 1 étoile seraient légèrement plus nombreuses que les 5 étoiles.
En clair, le jeu ne divise pas seulement sur Twitter : il divise chez ceux qui l’ont acheté. Et pour un titre qui se revendique “fait pour les joueurs”, c’est un signal qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main.
Un passif de communication qui refait surface

Cette tension actuelle s’inscrit aussi dans une chronologie déjà chargée. TeamKill Media avait fait les gros titres il y a environ un an en expliquant que Code Violet ne sortirait pas sur PC, notamment pour éviter des mods “vulgaires” liés à son héroïne. Un argument qui avait déjà déclenché des débats sur la sexualisation, le contrôle de l’image et, plus largement, la manière dont certains studios gèrent leur communication autour de leurs personnages.
Aujourd’hui, quand une critique appuie justement sur la mise en scène du protagoniste, la boucle semble se refermer et la polémique se nourrit d’elle-même.
À ce stade, Code Violet a bien un argument de poids : sa visibilité et son classement de ventes, qui prouvent qu’il intrigue, qu’il se vend, et qu’il a trouvé son public initial. Mais la réalité du lancement est plus nuancée : score critique bas, retours utilisateurs très mitigés, et un studio qui choisit l’affrontement plutôt que l’apaisement.
La suite dépendra de ce que TeamKill fera maintenant : corrections, équilibrages, améliorations concrètes… ou simple bras de fer médiatique. Car dans le jeu vidéo, l’actualité passe vite, mais les notes, elles, restent.

