Après plusieurs années de silence relatif autour de sa licence emblématique, CD Projekt Red remet aujourd’hui la saga The Witcher sur le devant de la scène. Le studio polonais est actuellement engagé sur trois projets majeurs : The Witcher 4, le remake du premier épisode (Project Canis Majoris) et un spin-off multijoueur connu sous le nom de Project Sirius.
Mais en coulisses, une réalité s’impose progressivement : le quatrième opus concentre désormais l’essentiel des efforts du studio, au détriment du remake.
Un recentrage stratégique sur le prochain épisode majeur

Selon un récent rapport publié par le site Noble Securities, société d’analyse spécialisée dans le suivi de CD Projekt Red, le développement de Project Canis Majoris aurait été fortement ralenti ces derniers mois.
En cause : le redéploiement d’une partie importante des équipes du studio Fool’s Theory vers The Witcher 4. Objectif affiché : sécuriser la production du prochain épisode principal et garantir un niveau de finition à la hauteur des attentes.
Résultat, le remake du premier The Witcher viserait désormais une sortie en 2028, soit environ un an après celle de The Witcher 4, actuellement programmée pour 2027.
The Witcher 4, un projet sous haute surveillance

Ce choix de priorisation n’a rien d’anodin. Après le lancement chaotique de Cyberpunk 2077, CD Projekt Red n’a plus le droit à l’erreur. The Witcher 4 représente aujourd’hui un véritable test de crédibilité pour le studio.
Ambitions techniques, stabilité au lancement, richesse du contenu, qualité de la narration : tous les voyants sont au rouge. L’épisode est attendu comme le pilier de la nouvelle ère du développeur, aussi bien auprès du public que des investisseurs.
Dans ce contexte, concentrer ses forces sur ce projet apparaît comme une décision rationnelle, voire indispensable.
Une transition technologique vers l’Unreal Engine 5

Comme l’ensemble des futurs jeux de CD Projekt Red, The Witcher 4 et Canis Majoris sont développés sous Unreal Engine 5, marquant l’abandon définitif du moteur maison REDEngine.
Le studio travaille activement sur plusieurs améliorations techniques liées à l’UE5, notamment en matière d’open-world, d’éclairage dynamique et de gestion des performances. Ces avancées profitent directement à l’ensemble des projets Witcher, qui partagent de nombreux outils et assets.
Cette mutualisation explique en partie pourquoi le développement du remake dépend étroitement de l’avancement du quatrième opus.
Un remake repensé pour les standards modernes

Loin d’un simple remaster, le remake du premier The Witcher ambitionne une refonte complète de l’expérience. Gameplay, interface, progression, combats : tout devrait être repensé pour correspondre aux standards actuels du RPG.
Autre évolution majeure : l’abandon du système de zones fermées au profit d’un véritable monde ouvert, inspiré de la structure de The Witcher 3. Une transformation radicale pour un jeu initialement sorti en 2007, et qui vise désormais un public bien plus large.
Vers un nouveau rythme de production chez CD Projekt Red

Toujours selon Noble Securities, le studio envisagerait d’adopter un rythme de sorties plus régulier à partir de 2027, avec potentiellement un nouveau titre majeur chaque année.
Une orientation stratégique qui tranche avec l’approche historique de CD Projekt Red, longtemps associé à des cycles de développement très étendus. L’objectif est clair : stabiliser l’activité, rassurer les investisseurs et maintenir une présence constante sur le marché.
Du contenu en attendant la nouvelle génération

En attendant l’arrivée de ces nouveaux projets, les fans de la saga ne devraient pas être laissés de côté. Le rapport évoque également la possibilité d’un nouveau contenu additionnel pour The Witcher 3 dans les mois à venir.
Une manière pour le studio d’entretenir l’intérêt autour de la licence, tout en préparant progressivement le terrain pour sa prochaine grande étape.
En recentrant ses forces sur The Witcher 4, CD Projekt Red fait le choix de la prudence et de la consolidation. Si ce repositionnement entraîne un report du remake du premier opus, il témoigne surtout d’une volonté claire : ne plus reproduire les erreurs du passé.
Reste désormais à savoir si cette stratégie permettra au studio polonais de renouer durablement avec l’excellence qui a fait sa réputation.

