L’affaire couvait depuis plusieurs mois. Elle vient désormais d’exploser au grand jour. Marc-Alexis Côté, figure centrale de la saga Assassin’s Creed, a officiellement engagé des poursuites judiciaires contre Ubisoft, réclamant 1,3 million de dollars en réparations. Une somme conséquente qui fait suite à son départ brutal de l’éditeur à l’automne dernier, un départ que l’intéressé n’a jamais réellement accepté.
Quinze ans à la barre de la franchise

Arrivé sur la série dès Assassin’s Creed Brotherhood en 2010, Côté a occupé pendant quinze ans un rôle stratégique au sommet de la licence, jusqu’au tout récent Assassin’s Creed Shadows. Un parcours long, structurant, et visiblement terminé dans la douleur.
En octobre, Ubisoft annonçait son départ comme une transition interne. Trois jours plus tard, Côté livrait une version bien différente sur LinkedIn, affirmant avoir été poussé vers la sortie. Il se décrivait alors comme « le capitaine du navire Assassin’s Creed », refusant d’abandonner son poste tant que l’équipage n’était pas en sécurité. Une métaphore forte, presque théâtrale, qui prenait déjà des allures de règlement de comptes.
Une rétrogradation impossible à accepter

Selon Côté, Ubisoft aurait décidé de confier la direction de la franchise à une personne plus en phase avec sa nouvelle organisation interne, notamment après la création de Vantage Studios. Une décision qui aurait mécaniquement réduit son influence, lui qui rapportait jusque-là directement au PDG Yves Guillemot.
Un autre poste lui aurait bien été proposé, mais sans le même périmètre ni la continuité stratégique de ses fonctions précédentes. Une rétrogradation déguisée, en somme. À l’époque, Côté affirmait pourtant ne nourrir aucune rancœur. Une déclaration qui semble aujourd’hui difficile à concilier avec la procédure judiciaire en cours.
Une plainte à 1,3 million de dollars

D’après un rapport de Radio-Canada, repéré parle site PC Gamer, Marc-Alexis Côté réclame l’équivalent de deux années de salaire, ainsi que 75 000 dollars au titre de « dommages moraux ». Le document souligne que son autorité aurait été progressivement affaiblie après la réorganisation interne autour de la licence.
Pour l’heure, Ubisoft n’a pas réagi publiquement à cette action en justice. L’issue du dossier reste incertaine, mais l’affaire jette une lumière crue sur les tensions internes qui peuvent accompagner la gestion de franchises AAA de cette envergure.
Une chose est sûre : derrière la discrétion habituelle des grandes restructurations, le feuilleton Assassin’s Creed vient de s’offrir un épisode judiciaire particulièrement exposé.

