Plus d’une décennie après son abordage initial, l’épopée pirate d’Edward Kenway s’apprête à reprendre le large. Mais pour ce retour dans les Caraïbes calé au 9 juillet, Ubisoft délaisse la formule facile du simple lissage HD. Avec Assassin’s Creed: Black Flag Resynced, l’éditeur français livre une reconstruction intégrale sous la dernière mouture de son moteur maison, l’Anvil engine. Derrière les promesses désormais standards du 60 IPS, du HDR et du Dolby Atmos, ce sont les architectures de la PlayStation 5 et de sa déclinaison Pro qui s’apprêtent à transfigurer l’expérience visuelle. Décryptage des avancées techniques détaillées par les développeurs sur le PlayStation Blog.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced
Le Ray Tracing comme pilier de l’immersion atmosphérique
Pour ce chantier d’envergure, Nicolas Lopez (Architecte Technique) et Jussi Markkanen (Directeur Technique) ont fait de la lumière le vecteur principal de la fidélité visuelle. Exit les éclairages précalculés de l’ère PS3. Le titre intègre désormais une illumination globale par ray tracing, calculée en temps réel. Le monde réagit de manière organique aux cycles jour/nuit ainsi qu’aux caprices de la météo, modifiant radicalement l’ambiance d’une ruelle de La Havane ou d’une crique isolée selon l’heure de passage.
Les répercussions sur les matériaux s’annoncent particulièrement flatteuses grâce à la réflexion spéculaire. Les surfaces complexes comme le bois mouillé des ponts du Jackdaw, le métal des canons ou les projections des vagues profitent d’un comportement physique de la lumière bien plus cohérent. Côté hardware, si l’illumination globale est active par défaut sur toutes les machines, les réflexions spéculaires haut de gamme se cantonneront aux modes Fidélité et Équilibré sur PS5 standard, tandis qu’elles tourneront sans compromis sur l’ensemble des modes de la PS5 Pro.
Fin du « clipping » grâce à la géométrie micropolygonale

L’un des plus grands défis de la modernisation d’un monde ouvert de cette échelle réside dans la gestion de la distance d’affichage. La méthode traditionnelle des transitions de niveaux de détails (LOD), qui fait parfois apparaître ou changer brusquement la forme des objets au loin (pop-in), cède ici sa place à la géométrie micropolygonale.
En exploitant la bande passante et la vitesse du SSD de la PlayStation 5, le moteur Anvil segmente et adapte en continu la densité des polygones selon la distance, la visibilité et l’angle exact de la caméra. Pour le joueur, cela se traduit par une transition invisible de la végétation dense des îles jusqu’aux silhouettes des navires à l’horizon, garantissant une netteté constante sans aucune rupture visuelle artificielle.
La PS5 Pro et le PSSR : Le véritable saut générationnel

La version destinée à la PlayStation 5 Pro profite d’une attention particulière, notamment grâce à l’intégration du PlayStation Spectral Super Resolution (PSSR). Cette solution d’upscaling et de reconstruction d’image par intelligence artificielle permet de combler le fossé visuel habituel entre les modes fluidité et netteté, offrant un rendu proche du mode Fidélité tout en maintenant un framerate à 60 images par seconde constant.
La puissance brute du GPU de la Pro se matérialise également à travers une refonte complète du rendu capillaire via un système à base de mèches indépendantes. Au lieu de textures planes classiques, chaque mèche de cheveux d’Edward est simulée individuellement pour réagir de façon unique au vent et aux mouvements. Sur PS5 Pro, cette technologie cosmétique est active en permanence pour le protagoniste, s’étend aux foules en mode Fidélité, et s’applique à l’ensemble des personnages lors des cinématiques.
Un océan dynamique et un climat systémique

Le cœur du gameplay de Black Flag résidant dans sa navigation, la simulation de l’eau a été entièrement repensée. Le titre utilise de nouvelles techniques de tessellation, une écume volumétrique avancée et un système de bulles dynamiques pour offrir une mer hautement réactive aux forces environnementales et aux déplacements des navires.
Cette fidélité maritime est directement interconnectée avec Atmos, le simulateur climatique interne d’Anvil. Ce système calcule en continu des variables physiques interconnectées comme l’humidité, la température et la densité de la brume. Les tempêtes tropicales ne modifient donc pas seulement l’ambiance visuelle : le vent généré impacte en temps réel la physique des vagues, le comportement des voiles, les tissus des vêtements et la soumission de la végétation côtière.

Avec Black Flag Resynced, Ubisoft semble éviter le piège du portage paresseux en exploitant les technologies actuelles pour concrétiser et sublimer la vision d’origine du studio. Grâce à l’apport combiné du ray tracing, de la géométrie moderne et de l’intelligence artificielle de la PS5 Pro, cette traversée des Caraïbes s’annonce aussi solide techniquement que fidèle à l’œuvre d’origine. Rendez-vous est pris le 9 juillet pour vérifier si l’expérience manette en main confirme ces excellentes dispositions techniques.






