À un peu plus d’un mois de sa sortie sur PS5, Marvel’s Wolverine commence sérieusement à sortir les griffes. Très attendu depuis son annonce, le nouveau jeu d’Insomniac Games promet de s’éloigner du confort aérien de Spider-Man pour plonger dans une aventure plus brutale, plus viscérale, et surtout plus intime. Cette fois, le studio californien s’attaque à Logan, figure incontournable de l’univers Marvel, avec l’ambition de traduire en gameplay toute la fureur, la douleur et la complexité du mutant canadien.
D’après une récente prise en main publiée sur le PlayStation Blog, cette première session de jeu d’environ deux heures permettait de découvrir l’introduction de l’aventure, une mission au cœur d’un complexe contrôlé par Bolivar Trask, puis un détour par Madripoor, décor emblématique des récits liés à Wolverine. L’objectif affiché est clair : installer un jeu d’action narratif nerveux, porté par des combats frontaux, des séquences d’infiltration et une exploration plus posée, sans jamais perdre de vue le conflit intérieur de Logan.

L’aventure débute dans les terres sauvages de Telambang, alors que Wolverine réintègre la Team X, une unité mutante menée par Nathaniel Essex. À ses côtés, on retrouve Mystique et Dents-de-Sabre, deux alliés au tempérament bien trempé, dont la présence semble déjà nourrir les tensions dramatiques du récit. Logan n’est pas seulement un soldat lancé dans une mission de sauvetage : c’est un homme hanté, marqué par des fragments de mémoire, des regrets enfouis et une rage qu’il tente difficilement de contenir.
Face à lui, Bolivar Trask incarne une menace aussi froide que méthodique. Industriel obsédé par la suprématie humaine, il traque les mutants, les capture et les étudie comme de simples cobayes. Cette approche donne immédiatement au scénario une tonalité plus sombre, presque paranoïaque, où chaque couloir de laboratoire et chaque affrontement rappellent que Wolverine évolue dans un monde qui ne veut pas de lui. Insomniac semble ici vouloir ancrer son récit dans une violence moins spectaculaire que douloureuse, en confrontant Logan à ce qu’il est, mais aussi à ce qu’il refuse de devenir.

Manette en main, Marvel’s Wolverine mise évidemment sur le contact direct. Là où Spider-Man dansait au-dessus des ennemis, Wolverine fonce, encaisse, lacère et termine ses adversaires avec une agressivité assumée. Les combats reposent sur un mélange de parades, d’esquives, de combos et de techniques spéciales que le joueur pourra améliorer au fil de la progression. Le système de rage joue un rôle central : plus Logan enchaîne les coups, plus sa brutalité monte en intensité, jusqu’à débloquer des attaques plus puissantes et des effets décisifs en plein affrontement.
Cette mécanique ne se contente pas d’ajouter une jauge de puissance classique. Elle semble traduire directement l’état mental du personnage. À mesure que Wolverine perd le contrôle, la mise en scène se resserre, l’ambiance devient plus étouffante, et les attaques gagnent en impact. On devine une volonté de faire ressentir au joueur cette frontière fragile entre instinct de survie et déchaînement incontrôlé. C’est précisément là que le jeu pourrait trouver sa vraie identité : non pas seulement dans la violence de ses griffes, mais dans la tension permanente entre rage et humanité.

Insomniac n’oublie pas pour autant de varier le rythme. Certaines séquences demandent à Logan de se montrer plus discret, notamment grâce à ses sens renforcés. Le personnage peut traquer une cible, repérer des indices, suivre une piste ou écouter son environnement pour progresser. Ces phases d’infiltration devraient permettre de respirer entre deux affrontements, tout en rappelant que Wolverine n’est pas qu’une machine de guerre. C’est aussi un prédateur, patient quand il le faut, capable d’observer avant de frapper.
Le passage par Madripoor apporte une autre couleur à cette prise en main. La Ville basse, avec son atmosphère poisseuse et ses ruelles chargées de secrets, semble offrir un terrain plus ouvert à l’exploration. Le Princess Bar sert notamment de point de respiration, un lieu où Logan peut échanger avec ses alliés, croiser Jean Grey et laisser entrevoir une facette plus vulnérable de sa personnalité. Ces moments plus calmes pourraient jouer un rôle essentiel dans l’équilibre du jeu, en donnant du poids aux relations entre les personnages et en évitant que l’aventure ne se résume à une succession de combats.
L’exploration promet aussi quelques récompenses pour les joueurs curieux. Entre les matériaux d’amélioration, les objets à collectionner, les costumes alternatifs et des séquences liées aux souvenirs oubliés de Logan, Marvel’s Wolverine semble vouloir encourager les détours sans casser le tempo général. Les fameuses Portes cauchemardesques, qui ouvrent sur des épreuves mentales plus abstraites, pourraient d’ailleurs devenir l’un des moyens les plus intéressants de fouiller le passé du héros, tout en apportant une dimension plus psychologique à l’aventure.
Au-delà du fan service évident, cette première présentation laisse surtout entrevoir un jeu plus rugueux et plus personnel que les précédentes productions Marvel d’Insomniac. Le studio paraît décidé à adapter sa formule à la nature même de Wolverine : moins de verticalité, moins de légèreté, mais davantage d’impact, de tension et de sauvagerie maîtrisée. La présence de figures comme Mystique, Dents-de-Sabre, Jean Grey, Trask ou encore Oméga Red laisse également espérer une aventure dense, solidement ancrée dans la mythologie mutante.
En conclusion, Marvel’s Wolverine s’annonce comme l’un des gros rendez-vous PS5 de la rentrée. S’il parvient à maintenir l’équilibre entre action brutale, narration mature et exploration immersive, Insomniac pourrait tenir une adaptation à la hauteur du personnage. Logan n’a jamais été un héros propre, lisse ou facile à apprivoiser. Et c’est justement ce qui rend cette nouvelle aventure aussi prometteuse : derrière les griffes, il y a une rage, une mémoire fracturée et un homme qui cherche encore sa place.













