Attendu au tournant après les récents remous autour de la saga Destiny, Bungie a finalement lâché Marathon dans l’arène en ce mois de mars. Si les attentes initiales semblaient mesurées en raison du climat régnant au sein du studio, le décalage tardif des embargos de test avait déjà semé le doute au sein de la communauté. Aujourd’hui, les verdicts sont tombés et le constat est sans appel : le titre cristallise les tensions. Entre une presse séduite par un concept audacieux et des joueurs frustrés par une exécution chaotique, le retour de cette franchise mythique sous la forme d’un extraction shooter fait couler beaucoup d’encre.
Une réception critique coupée en deux sur Metacritic

L’agrégateur de notes Metacritic illustre parfaitement cette dichotomie vertigineuse qui frappe la sphère vidéoludique. D’un côté, les journalistes spécialisés lui accordent un score très favorable de 81 sur 100, saluant l’audace de la direction artistique et les fondations solides de son univers de science-fiction. De l’autre, le public se montre impitoyable.
Le score utilisateur, qui avait d’abord sombré à un douloureux 4,7 lors des premiers jours de lancement, stagne désormais péniblement autour de 5,7. Cet écart massif traduit un malaise profond une fois la manette en main. Il devient en effet complexe de jauger la véritable valeur de l’expérience lorsque le consensus s’arrête uniquement sur les bonnes intentions du game design, laissant l’exécution sur le banc de touche.
Un gameplay exigeant heurté par une prise en main rugueuse

Concrètement, c’est sur le terrain de la jouabilité et du confort de jeu que le bât blesse. Si la proposition centrale de l’extraction shooter fascine par la tension perpétuelle qu’elle instaure autour du loot, la réalité des serveurs se révèle bien plus frustrante. Les retours de la communauté pointent du doigt une courbe d’apprentissage vertigineuse, exacerbée par des pics de difficulté perçus comme profondément injustes. À cela s’ajoute une maniabilité manquant cruellement d’intuitivité, un défaut rédhibitoire pour un jeu compétitif où la moindre seconde d’hésitation est sanctionnée par la mort et la perte définitive de son équipement. Cette friction permanente empêche de nombreux curieux de s’investir sur le long terme, transformant ce qui devrait être un défi tactique stimulant en une véritable épreuve de patience.
Le syndrome du jeu service : quel avenir pour Marathon ?

Malgré ce lancement houleux, la partie est loin d’être perdue pour les créateurs fondateurs de Halo. La force de frappe de Bungie réside historiquement dans sa capacité à redresser la barre, comme l’équipe a su le prouver à maintes reprises au fil des extensions de Destiny 2. La grande majorité des écueils actuels, de l’équilibrage punitif à la lourdeur des contrôles, peuvent être corrigés via des mises à jour salvatrices, à l’image du redressement opéré par Pearl Abyss sur Crimson Desert.
Le studio a d’ores et déjà réaffirmé sa volonté de maintenir un modèle live-service robuste et de soutenir son poulain sur la durée. Reste désormais à savoir si les serveurs tiendront la cadence et si les joueurs accepteront de ronger leur frein en attendant que le titre atteigne enfin son plein potentiel.

