Même s’il est officiellement attendu sur PS5 et Xbox Series X|S, Grand Theft Auto 6 semble déjà peser bien plus lourd du côté de PlayStation. À en croire Jason Schreier, Sony anticipe la sortie du mastodonte de Rockstar comme un événement quasi exclusif, capable à lui seul de redéfinir le calendrier de fin d’année… et de doper les ventes de consoles.
Invité du podcast Button Mash, le journaliste de Bloomberg livre une lecture très stratégique de la situation : si GTA 6 se vendra évidemment par millions sur Xbox, la majorité de son impact commercial se jouera sur PS5.
Une sortie multiplateforme, mais un impact clairement orienté PlayStation

Selon Jason Schreier, la dynamique est claire : PlayStation restera la plateforme dominante pour GTA 6. Non pas en raison d’un accord d’exclusivité qui n’est à aucun moment évoqué mais parce que l’écosystème Sony concentre aujourd’hui le cœur du public Rockstar.
« Xbox est presque un non-facteur », explique-t-il. « Ils vendront des millions d’exemplaires, bien sûr. Mais PlayStation est la plateforme principale. D’une certaine manière, GTA 6 se comporte comme une exclusivité PlayStation : la majorité des ventes s’y feront, et le jeu entraînera dans son sillage de nombreuses ventes de PS5. »
Une analyse qui éclaire la stratégie actuelle de Sony, lequel organiserait l’ensemble de sa feuille de route autour de ce lancement hors norme, évitant soigneusement toute sortie majeure dans ce que Schreier appelle la blast zone de GTA 6.
Wolverine soigneusement placé hors de la zone d’impact

Cette logique se retrouve dans le calendrier supposé des prochaines exclusivités PlayStation. Interrogé sur Marvel’s Wolverine, développé par Insomniac Games, Schreier estime que le jeu vise une sortie en septembre ou octobre.
Un créneau loin d’être anodin : il permettrait à Wolverine de bénéficier de sa propre fenêtre médiatique, sans entrer en collision frontale avec la sortie de GTA 6, actuellement fixée au 19 novembre.
Sony éviterait ainsi un scénario classique mais risqué : sacrifier une exclusivité maison face à l’un des plus gros lancements de l’histoire du jeu vidéo.
PS5, bundles et stratégie long terme

Si aucun partenariat exclusif n’est évoqué, l’hypothèse de bundles PS5 incluant GTA 6 paraît presque évidente. Une pratique déjà largement éprouvée par Sony, et parfaitement cohérente avec l’idée de faire de GTA 6 un moteur de ventes hardware, notamment auprès d’un public plus occasionnel ou encore hésitant à franchir le pas de la génération actuelle.
Dans ce contexte, GTA 6 ne serait pas seulement un jeu événement, mais un levier stratégique majeur pour PlayStation en fin de cycle.
Une date encore fragile, malgré des signaux plus rassurants

Sur la question sensible de la date de sortie, Schreier reste prudent. Il rappelle que GTA 6 n’est toujours pas considéré comme content complete, c’est-à-dire que certaines missions, niveaux et éléments de contenu sont encore en cours de finalisation.
Une situation qui rappelle le développement chaotique de Red Dead Redemption 2, repoussé à plusieurs reprises avant sa sortie en 2018.
« C’est un jeu immense et extrêmement complexe », précise-t-il. « Personne chez Rockstar ne peut aujourd’hui garantir à 100 % une sortie en novembre. Mais cette fenêtre paraît déjà plus crédible que l’automne 2025 ne l’a jamais été. »
La qualité avant le calendrier chez Take-Two

Du côté de l’éditeur Take-Two Interactive, l’objectif reste officiellement une sortie avant la fin de l’année fiscale, fixée à mars 2027. Mais là encore, la priorité reste inchangée : livrer un jeu à la hauteur des attentes colossales qui l’entourent, quitte à prendre du retard.
Sans être exclusif, Grand Theft Auto 6 s’impose déjà comme un pilier central de la stratégie PlayStation. Sony anticipe son arrivée comme un séisme commercial, ajuste ses sorties majeures en conséquence et prépare le terrain pour en faire un moment clé de la génération PS5.
Reste désormais une seule inconnue majeure : Rockstar parviendra-t-il à tenir la date sans compromettre l’ambition démesurée de son projet ? Une question à laquelle même les mieux informés n’osent pas encore répondre avec certitude.

