Alors que la PS5 Pro a récemment confirmé la tendance lourde de l’industrie vers le « tout numérique » en faisant l’impasse sur le lecteur de disque de série, la question de l’avenir du format physique sur la future PS6 brûle toutes les lèvres. Pour Shawn Layden, ancien patron emblématique de Sony Interactive Entertainment, la réponse est claire : Sony ne peut pas se permettre d’abandonner le disque.
L’industrie du jeu vidéo semble inexorablement glisser vers une dématérialisation totale. Pourtant, au milieu de cette course effrénée vers le cloud et les téléchargements, une voix dissidente et autorisée s’élève pour tempérer les ardeurs. Invité du podcast Kiwi Talkz, Shawn Layden, ancien président de SIE Worldwide Studios, a livré une analyse lucide sur la stratégie hardware de Sony. Selon lui, la PlayStation 6 ne sera pas une console 100 % digitale.
La fracture numérique, un frein majeur

Si l’idée d’une console dépourvue de lecteur optique peut sembler logique dans les salles de réunion de la Silicon Valley ou de Tokyo, la réalité du terrain est tout autre. Layden souligne une différence fondamentale de stratégie entre les deux géants du secteur.
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Là où Microsoft concentre ses forces sur ce qu’il appelle une « poignée de pays » anglophones disposant d’infrastructures robustes (USA, Royaume-Uni, Canada, Australie…), Sony joue sur un tout autre tableau. « Sony est la plateforme numéro un dans probablement 170 pays à travers le monde », rappelle l’ex-dirigeant.
Cette hégémonie mondiale impose une responsabilité : celle de ne laisser aucun joueur sur le bord de la route. Layden pose la question qui fâche : « Est-ce qu’un joueur dans l’Italie rurale dispose d’une connexion suffisante pour profiter pleinement de ses jeux ? ». En clair, imposer le tout-dématérialisé reviendrait à se couper d’une part significative du marché mondial où la fibre optique reste un luxe, et non une commodité.
Des bases militaires aux chambres d’hôtel

Au-delà des infrastructures nationales, Shawn Layden a levé le voile sur des discussions internes remontant à l’ère de la PS4. L’abandon du disque avait déjà été envisagé, mais rapidement écarté face à des cas d’usage spécifiques, souvent ignorés du grand public.
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Il évoque notamment le cas des athlètes professionnels. « Ils passent leur vie dans des hôtels, ont beaucoup de temps libre mais ne sont pas censés sortir faire la fête », explique-t-il. Avec des connexions Wi-Fi d’hôtels souvent capricieuses, le disque reste le seul moyen fiable de jouer.

Même constat pour les militaires. Les consoles PlayStation jouissent d’une immense popularité sur les bases militaires à travers le globe, des zones où l’accès à internet est soit inexistant, soit drastiquement restreint pour des raisons de sécurité. Pour ces publics, le format physique n’est pas une nostalgie, mais une nécessité opérationnelle.
Si la tentation du « Full Digital » est forte pour les constructeurs –qui y voient un moyen de contrôler le marché de l’occasion et de maximiser les marges –la position de leader mondial de Sony l’oblige au pragmatisme.
Pour la future PS6, il est donc fort probable que le constructeur japonais opte pour une approche hybride ou modulaire (à l’instar du lecteur détachable de la PS5 Slim), plutôt que de fermer définitivement la porte au format physique. Comme le résume Layden : « Sony ne peut pas s’en tirer comme ça ». Le disque a encore de beaux jours devant lui.

