Malgré un calendrier déjà bien chargé en suites très attendues cette année, Capcom parvient à faire émerger Pragmata, une nouvelle licence originale qui intrigue autant qu’elle divise. Longtemps discret, souvent repoussé, le projet refait surface avec une proposition de gameplay atypique, au point d’avoir progressivement retourné l’opinion d’une partie des joueurs. Un exploit, tant l’idée de mêler action armée et piratage en temps réel semblait, sur le papier, tout sauf évidente.
Il faut dire que le développement de Pragmata n’a rien d’un long fleuve tranquille. Les multiples reports du jeu ne relevaient pas d’un simple ajustement de calendrier, mais bien d’un travail de fond sur ses mécaniques centrales. Dans un entretien accordé à GamesRadar, le directeur Cho Yonghee est revenu sur ce qui constitue le cœur du défi : faire cohabiter harmonieusement deux systèmes de jeu fondamentalement différents.
« Nous voulions que les joueurs ressentent la tension liée à la gestion simultanée des capacités de combat de Hugh et du piratage de Diana, sans que l’un ne prenne le dessus sur l’autre », explique-t-il.
Un équilibre délicat, qui a nécessité de nombreuses phases de tests et d’itérations. L’objectif était clair : éviter que le piratage ne devienne une simple formalité ou, à l’inverse, une contrainte artificielle venant freiner l’action. La solution retenue par les équipes de Capcom repose sur une boucle de gameplay unifiée, où tir et hacking se répondent naturellement, plutôt que d’être perçus comme deux tâches distinctes.

Selon les premiers retours, notamment ceux issus des démonstrations jouables, le pari semble en bonne voie d’être tenu. Les joueurs évoquent une expérience plus fluide qu’anticipé, où la coordination entre les deux protagonistes devient rapidement intuitive, tout en conservant une vraie tension dans les affrontements.
Reste toutefois un enjeu majeur à régler avant la sortie du jeu, fixée au 24 avril : la performance technique. Échaudé par les critiques essuyées récemment par Monster Hunter Wilds, Capcom affirme placer la stabilité du framerate au sommet de ses priorités. Une prudence compréhensible, d’autant que Pragmata vise plusieurs plateformes aux capacités très différentes.

La question de son comportement sur la Nintendo Switch 2, moins puissante que ses concurrentes directes, reste ouverte. En revanche, les signaux sont nettement plus rassurants du côté du PC. La version de démonstration affiche des performances solides et impressionne visuellement, notamment grâce à la prise en charge du Path Tracing, qui confère aux environnements une ambiance sci-fi particulièrement marquante.
Avec Pragmata, Capcom ne se contente pas de capitaliser sur ses franchises historiques. Le studio japonais tente une approche plus audacieuse, portée par une identité forte et un gameplay qui sort des sentiers battus. Si les derniers obstacles techniques sont franchis sans encombre, le jeu pourrait bien s’imposer comme l’une des surprises les plus intéressantes de l’année, et rappeler que l’innovation a encore toute sa place dans le catalogue d’un géant du jeu vidéo.

