Alors que la génération PlayStation 5 et Xbox Series X|S s’étire plus longtemps que prévu, en partie à cause des tensions persistantes sur les composants, Sony et Microsoft poursuivent déjà, en coulisses, la conception de leurs futures machines. Une course technologique silencieuse, mais déterminante, qui dessine peu à peu les contours de la prochaine génération.
Et du côté de Sony, les premières indiscrétions autour de la PlayStation 6 commencent à esquisser un portrait particulièrement ambitieux.
Une architecture mémoire taillée pour la haute performance

Selon une récente fuite relayée sur le forum NeoGAF par l’insider bien connu Kepler2, la PlayStation 6 embarquerait pas moins de 30 Go de mémoire GDDR7 unifiée. Une quantité inédite pour une console de salon, partagée entre le processeur et la partie graphique.
Dans le détail, cette mémoire serait répartie en dix modules de 3 Go, reliés par un bus de 160 bits, offrant une bande passante estimée à 640 Go/s. Un chiffre impressionnant, qui placerait la machine au niveau de certaines configurations PC haut de gamme.
Par rapport aux précédentes rumeurs, il s’agirait d’un gain de 6 Go supplémentaires, confirmant la volonté de Sony de miser sur une architecture résolument tournée vers l’avenir.
Vers une vraie démocratisation de la 4K à 60 FPS ?

Avec une telle enveloppe mémoire, la PlayStation 6 pourrait enfin tenir une promesse que l’industrie poursuit depuis plusieurs générations : proposer une 4K native stable à 60 images par seconde, sans compromis majeurs sur les effets visuels.
Textures ultra-détaillées, mondes ouverts plus denses, intelligence artificielle plus sophistiquée, ray tracing avancé… Cette puissance supplémentaire offrirait aux studios une marge de manœuvre inédite pour repousser les limites techniques.
Reste toutefois à savoir comment les développeurs exploiteront réellement ce potentiel, dans un contexte où l’optimisation reste souvent aussi cruciale que la puissance brute.
Une sortie encore lointaine, freinée par le marché

Malgré ces perspectives alléchantes, les joueurs devront faire preuve de patience. Les difficultés actuelles liées à la production des semi-conducteurs, et plus particulièrement de la mémoire haut de gamme, continuent de peser sur l’industrie.
La GDDR7, très demandée et encore coûteuse à produire, limite pour l’instant toute perspective de lancement à court terme. Selon plusieurs analystes, la situation ne devrait se stabiliser qu’à partir de 2028.
Dans ce contexte, une sortie de la PlayStation 6 vers 2029, voire au-delà, semble aujourd’hui crédible.
Un positionnement tarifaire à haut risque

Qui dit puissance accrue, dit forcément hausse des coûts. Avec 30 Go de GDDR7, un SoC nouvelle génération et des composants premium, la PS6 pourrait afficher un prix bien supérieur aux standards habituels du marché.
Le mythique seuil des 500 euro, longtemps considéré comme la limite psychologique pour une console, pourrait être dépassé. Sony se retrouverait alors face à un dilemme stratégique : préserver l’accessibilité de son écosystème ou assumer un virage plus haut de gamme.
D’autant plus que la future Xbox serait elle aussi positionnée comme une machine premium, avec un tarif qui pourrait avoisiner les 1000 dollars selon certaines rumeurs.
Un écosystème élargi avec une console portable ?

Autre information intrigante : Sony travaillerait également sur une nouvelle console portable, destinée à accompagner la PS6. Une initiative qui rappellerait l’époque de la PSP et de la PS Vita, tout en s’inscrivant dans la logique actuelle du jeu hybride et du cloud gaming.
Si ces rumeurs se confirment, le constructeur japonais pourrait chercher à bâtir un écosystème plus cohérent, capable de relier salon, mobilité et services en ligne.
Avec ses supposés 30 Go de GDDR7, la PlayStation 6 s’annonce, sur le papier, comme l’une des consoles les plus ambitieuses jamais conçues par Sony. Une machine pensée pour accompagner l’évolution du jeu vidéo sur la prochaine décennie, tant sur le plan visuel que technique.
Mais cette montée en puissance soulève aussi de nombreuses questions : prix, accessibilité, adoption par le grand public, capacité des studios à exploiter ce potentiel…
À ce stade, une seule certitude demeure : la prochaine génération ne se jouera pas uniquement sur la puissance, mais aussi sur la vision stratégique que Sony et Microsoft sauront imposer dans un marché en pleine mutation.

