Alors que le géant français poursuit sa restructuration musclée, le couperet vient de tomber sur le studio de Toronto. Entre annulations de projets en série et grogne sociale record, Ubisoft tente de rassurer sur ses piliers, Sam Fisher en tête.
L’ambiance est loin d’être à la célébration dans les couloirs d’Ubisoft. Fidèle à sa feuille de route de réduction des coûts, l’éditeur vient de confirmer une nouvelle saignée au sein de ses effectifs. Cette fois, c’est Ubisoft Toronto, l’entité derrière le retour tant attendu de Splinter Cell, qui se voit amputée de 40 collaborateurs. Une décision qui s’inscrit dans la « phase finale » d’un plan d’économie global, alors que le groupe cherche désespérément à stabiliser ses finances.
Sam Fisher garde ses lunettes de vision nocturne

Malgré ce coup dur, Ubisoft se veut rassurant : non, l’infiltration n’est pas morte. Un porte-parole a précisé via IGN que le développement du remake de Splinter Cell suit son cours. Le studio de Toronto reste également un partenaire clé en co-développement sur la franchise Rainbow Six.
Pourtant, derrière ces déclarations officielles, le paysage est celui d’un champ de mines. Le mois dernier, l’annonce d’une refonte organisationnelle majeure a déjà fait des dégâts collatéraux massifs. Pas moins de six projets ont été purement et simplement rayés de la carte, incluant le serpent de mer Prince of Persia: Les Sables du Temps Remake, ainsi que le shooter coopératif Pathfinder (ex-Project U) et un ambitieux Assassin’s Creed destiné aux mobiles.
Entre népotisme et fronde sociale

Si les chiffres comptables inquiètent, c’est sur le terrain humain que l’incendie est le plus vif. En France, le climat social est délétère. Début février, plus de 1 200 employés ont déserté leurs postes pour une grève de trois jours, dénonçant un sous-effectif chronique et une absence de revalorisation salariale depuis des années.
Les syndicats, portés par des figures comme Marc Rutschlé et Chakib Mataoui, ne mâchent plus leurs mots et réclament aujourd’hui la démission du PDG historique, Yves Guillemot. Les critiques fusent, ciblant un « manque de vision créative » et un entre-soi managérial qualifié de népotisme le récent parachutage de Charlie Guillemot à la tête de Vantage Studios n’ayant rien arrangé à la perception globale.

Pour sortir de l’ornière, Ubisoft mise sur une nouvelle architecture structurée autour de cinq « Creative Houses ». L’objectif ? Spécialiser chaque pôle par genre et par franchise pour regagner en efficacité et en identité. Mais entre la théorie des tableurs Excel et la réalité des studios, le fossé semble s’agrandir.
Reste une question en suspens pour les joueurs : le futur Splinter Cell, attendu comme le messie par les fans de Sam Fisher, pourra-t-il conserver ses ambitions initiales avec des équipes ainsi réduites ? L’industrie garde l’œil sur le radar.

