C’est la rumeur qui enflamme les forums et fait sourciller les observateurs les plus chevronnés de l’industrie. Selon Jeff Grubb, insider émérite dont la réputation n’est plus à faire (notamment pour ses prédictions chirurgicales sur les State of Play), une version fonctionnelle de Gran Turismo 7 tournerait actuellement sur les kits de développement de la future Nintendo Switch 2. Une révélation lâchée presque par mégarde lors de son dernier stream Game Mess Mornings, et qui soulève autant de questions techniques que stratégiques.
Un tour de force technique crédible ?
Si l’idée de voir une licence « sacrée » de Sony s’inviter chez le concurrent historique peut paraître lunaire, l’aspect purement matériel, lui, ne l’est pas. Rappelons que le dernier-né de Polyphony Digital est un titre « cross-gen » : il tourne déjà avec brio sur une PS4 vieille de plus de dix ans. Avec une Switch 2 pressentie pour offrir une puissance brute proche d’une PS4 Pro boostée au DLSS d’NVIDIA, le portage de la simulation automobile ne relèverait pas du miracle, mais d’une optimisation logique.
Cependant, Jeff Grubb tempère immédiatement les attentes : selon ses sources, l’existence de ce build ne signifie en aucun cas une sortie commerciale. On parlerait ici d’une démo technique interne, une sorte de « bac à sable » pour les ingénieurs de Kazunori Yamauchi.
Pourquoi la Switch 2 et pas un autre hardware ?

La question mérite d’être posée : pourquoi Polyphony Digital irait-il s’embêter à quémander des devkits Nintendo notoirement difficiles à obtenir pour de simples tests ? Plusieurs pistes se dessinent :
- Le benchmark « Gold Standard » : La Switch 2 représente le futur standard du jeu nomade haute performance. Pour Sony, tester son moteur maison sur cette architecture permet de jauger la scalabilité de son code sur des puces mobiles de nouvelle génération.
- L’ombre d’une nouvelle console portable Sony : Alors que les bruits de couloir s’intensifient autour d’une « véritable » héritière de la PS Vita (et non un simple périphérique de remote play comme le Portal), Sony pourrait utiliser la Switch 2 comme un miroir technique pour préparer ses propres exclusivités au format portable.
Le verrou des « Joy-Con » : Le frein à main de Sony

Au-delà de la politique d’exclusivité, un obstacle majeur se dresse : l’expérience utilisateur. Gran Turismo repose sur la précision chirurgicale des gâchettes adaptatives de la DualSense. Sans gâchettes analogiques sur la console de Nintendo, doser l’accélération ou le freinage deviendrait un calvaire pour les puristes. À cela s’ajoute l’absence de support pour les écosystèmes de volants haut de gamme, essentiels à l’ADN de la franchise.
Si l’information se confirme, elle témoigne surtout de la curiosité technique de Polyphony Digital, un studio connu pour son perfectionnisme obsessionnel. Voir Gran Turismo 7 franchir les frontières de l’écosystème PlayStation reste, à l’heure actuelle, hautement improbable. Mais dans une industrie où Sony publie désormais ses hits sur PC, la frontière entre l’impossible et le probable n’a jamais été aussi ténue.

