Le séisme qui secoue Redmond est loin d’être terminé. Alors que le départ soudain de Phil Spencer continue d’alimenter les théories d’une mise à la retraite forcée, sa remplaçante, Asha Sharma, est déjà sur le pont. Entre promesses de modération sur l’IA et dialogue direct avec les joueurs, la nouvelle CEO tente de panser les plaies. Mais peut-elle vraiment faire marche arrière sur la stratégie multiplateforme alors que les chiffres prouvent qu’elle rapporte gros ?
Le monde du jeu vidéo encaisse encore la nouvelle : après des décennies de bons et loyaux services, Phil Spencer a quitté le navire Xbox. Si la version officielle parle d’un départ volontaire, les bruits de couloir insistants et la brutalité de l’annonce suggèrent une réalité plus complexe en interne. Quoi qu’il en soit, la page est tournée et Asha Sharma, la nouvelle patronne de la division gaming, n’a pas perdu de temps pour marquer son territoire.
Opération séduction sur X
Consciente de la fronde qui gronde chez les fidèles de la marque au X vert, Asha Sharma a immédiatement investi les réseaux sociaux pour éteindre l’incendie. Face à un utilisateur l’interpellant sur la fuite des licences cultes (Halo, Forza, Gears) vers la concurrence, la CEO a répondu par un laconique mais lourd de sens : « Hear you » (« Je vous entends »).
Une réponse ambiguë, typique de la communication de crise, mais qui a suffi à redonner une lueur d’espoir à une communauté qui se sent délaissée. Sharma semble vouloir jouer la carte de la proximité, affirmant également que Xbox ne misera pas tout sur l’IA, un autre sujet brûlant du moment. Pourtant, entre « écouter » les joueurs et « agir » contre la direction prise par Microsoft, il y a un fossé que la réalité économique pourrait bien rendre infranchissable.
Le mur de la réalité : l’ère du « Day One » sur PS5

Il ne faut pas s’y tromper : la stratégie d’ouverture n’est pas un accident de parcours, c’est un plan mûri de longue date. Sarah Bond, l’ex-présidente, avait déjà préparé le terrain en qualifiant le concept d’exclusivité « d’obsolète » en 2025. Cette vision s’est concrétisée le mois dernier avec la confirmation que les titres first-party sortiraient désormais plus régulièrement sur PlayStation 5, incluant des sorties simultanées (day-and-date) pour des poids lourds comme le prochain Fable.
Cette déclaration d’intention laisse peu de place au doute : Microsoft se transforme progressivement en éditeur tiers de luxe, privilégiant la vente de logiciels sur tous les écosystèmes plutôt que la guerre des consoles traditionnelle.
Forza Horizon 5 : la preuve par les chiffres

Si Asha Sharma voulait revenir en arrière, elle se heurterait à un argument imparable : la rentabilité. Les chiffres récents concernant Forza Horizon 5 illustrent parfaitement pourquoi Microsoft ne fera probablement pas machine arrière.
Sur la seule PlayStation 5, le jeu de course en monde ouvert aurait généré 300 millions de dollars de revenus et écoulé plus de 5 millions de copies. Pour un titre sorti des années plus tôt sur Xbox, c’est une véritable manne financière qui ne nécessite presque aucun investissement marketing supplémentaire.
Asha Sharma hérite d’une situation délicate. Elle doit rassurer le cœur de cible historique de Xbox tout en pilotant une entreprise dont la croissance dépend désormais des joueurs PlayStation. Son « Je vous entends » est un geste d’apaisement bienvenu, mais face aux millions générés par l’ouverture multiplateforme, il est peu probable que les frontières des exclusivités se referment de sitôt.

