Développé par Game Freak, le studio mondialement connu pour Pokémon, Beast of Reincarnation arrivait avec une pression considérable sur les épaules. Présenté comme un action-RPG solo nerveux, porté par des affrontements rapides et une direction ambitieuse, le titre avait rapidement attiré l’attention des joueurs. Entre ses inspirations évoquant NieR: Automata et Sekiro: Shadows Die Twice, il semblait avoir les armes pour s’imposer comme l’une des surprises majeures de l’année.
Les premiers verdicts sont désormais tombés, et l’accueil critique apparaît nettement plus mesuré que prévu. Avec un score d’environ 73 sur Metacritic, Beast of Reincarnation signe un lancement correct, mais loin du raz-de-marée espéré. Les critiques saluent globalement l’intention, l’énergie des combats et certaines idées de mise en scène, mais soulignent aussi de nombreuses faiblesses qui empêchent l’aventure de réellement prendre son envol.

Le principal point noir concerne les performances techniques, notamment sur PC et Xbox. Plusieurs retours évoquent une optimisation inégale, avec des ralentissements, des problèmes de fluidité et des soucis d’affichage qui nuisent à l’immersion. La version PS5 semble légèrement mieux s’en sortir, mais elle n’échappe pas totalement aux défauts techniques. Si certains de ces problèmes peuvent être corrigés via des mises à jour, ils pèsent déjà lourdement sur la première impression laissée par le jeu.
Au-delà de l’aspect technique, Beast of Reincarnation souffre également de limites plus profondes dans sa structure. Les critiques pointent une certaine répétitivité dans les séquences de jeu, un bestiaire qui manque de variété et des combats de boss qui peinent à marquer les esprits. Malgré un système de combat jugé prometteur, l’expérience semble perdre en intensité au fil des heures, faute de renouvellement suffisant.
Le monde semi-ouvert du jeu divise lui aussi. Sur le papier, son ampleur pouvait laisser espérer une exploration riche et organique. Dans les faits, plusieurs reviewers estiment que les environnements manquent de densité et de véritables points d’intérêt. L’univers possède une identité visuelle et une ambition évidente, mais il donne parfois l’impression d’être plus vaste que réellement vivant, ce qui limite l’envie d’explorer chaque recoin.
Cette réception mitigée est d’autant plus notable que Beast of Reincarnation portait l’image d’un projet majeur pour Game Freak en dehors de l’univers Pokémon. Le studio cherchait ici à démontrer une autre facette de son savoir-faire, avec un titre plus sombre, plus mature et plus orienté action. L’ambition est bien présente, et certains passages laissent entrevoir un vrai potentiel, mais l’ensemble semble manquer de finition pour rivaliser avec les références du genre.
En conclusion, Beast of Reincarnation n’est pas un échec critique, mais il apparaît clairement comme une occasion manquée. Son combat dynamique, son univers intrigant et ses ambitions artistiques lui permettent de rester intéressant, mais ses problèmes techniques, sa répétitivité et son manque de densité freinent fortement son impact. Game Freak livre ici une proposition audacieuse, mais pas suffisamment maîtrisée pour répondre pleinement aux énormes attentes qui l’entouraient.




