Après une semaine particulièrement agitée autour de Grand Theft Auto VI, Take-Two Interactive semble bien décidée à reprendre la main. Alors que plusieurs extraits de gameplay attribués au prochain blockbuster de Rockstar Games ont circulé en ligne, l’éditeur américain a obtenu l’autorisation d’un tribunal de New York pour demander des informations à Microsoft et Discord. Objectif : remonter la piste des utilisateurs soupçonnés d’être liés aux fuites.
Selon les documents judiciaires relayés par Stephen Totilo de Game File, un juge fédéral du Southern District of New York a approuvé des subpoenas permettant à Take-Two de solliciter des données auprès des deux plateformes. Ces demandes viseraient notamment à identifier des comptes associés à la diffusion de contenus protégés par copyright, en lien avec le groupe ou l’entité connu sous le nom de CYBERLEEK.
L’affaire prend une tournure sérieuse, car il ne s’agit plus seulement de vidéos supprimées à la chaîne ou de messages viraux sur les réseaux sociaux. Take-Two cherche désormais à obtenir des éléments concrets, comme des informations de compte, des traces liées à Discord ou encore des données associées à GitHub, plateforme appartenant à Microsoft. Dans ce type de procédure, l’objectif est généralement de relier des pseudonymes à des identités exploitables sur le plan juridique.
Ces derniers jours, plusieurs séquences présentées comme issues de GTA 6 ont été publiées en ligne. Certaines montraient des phases de gameplay avec Jason, l’un des protagonistes attendus du jeu, tandis que d’autres semblaient mettre en avant des mécaniques ou des environnements encore non officialisés par Rockstar. Les vidéos ont rapidement été reprises, commentées puis supprimées sur différentes plateformes, dans un schéma désormais bien connu lorsqu’un titre aussi attendu se retrouve au cœur d’une fuite massive.

CYBERLEEK ne s’est pas contenté de diffuser du contenu. L’entité aurait également accompagné ces publications de messages et de liens renvoyant vers des revendications plus larges, notamment autour de la préservation des jeux, des DRM, de l’accès aux contenus en ligne et de la manière dont l’industrie gère ses anciens titres. Une posture militante qui n’a pas empêché plusieurs observateurs, y compris certains sympathisants de ces causes, de condamner la méthode employée. Dans le secteur, la fuite de documents ou de vidéos non finalisés reste perçue comme une atteinte directe au travail des développeurs, surtout lorsque le contenu provient potentiellement d’une version interne ou inachevée.
Take-Two et Rockstar connaissent déjà ce terrain. En 2022, GTA 6 avait été frappé par l’une des plus importantes fuites de l’histoire récente du jeu vidéo, avec la diffusion de nombreuses vidéos issues d’une version de développement. L’affaire avait marqué durablement la communication du studio, habituellement très contrôlée, et rappelé à quel point l’attente autour de la licence Grand Theft Auto peut devenir explosive dès qu’un fragment d’information apparaît en ligne.

Cette fois, l’éditeur semble vouloir agir vite. Les sites et pages associés aux fuites ont commencé à disparaître ou à devenir inaccessibles, tandis que les démarches judiciaires se multiplient. Le soutien de Microsoft ajoute aussi du poids à l’affaire. Scott Van Vliet, CTO de Xbox, a publiquement indiqué que Microsoft travaillait avec Take-Two et Rockstar afin de protéger leurs créations et leur propriété intellectuelle. Un signal clair envoyé aux personnes impliquées dans la diffusion de contenus non autorisés.
Il faut toutefois rappeler que ces subpoenas ne constituent ni une condamnation ni une identification publique des responsables. À ce stade, la procédure permet surtout à Take-Two d’obtenir des informations auprès de plateformes tierces pour avancer dans son enquête. Les prochaines étapes dépendront donc des données transmises par Microsoft et Discord, mais aussi de leur capacité à établir un lien solide entre les comptes visés et les fuites de GTA 6.

Pour Rockstar, l’enjeu est double. Le studio doit protéger l’intégrité de sa communication autour de GTA 6 tout en maintenant l’attention sur son calendrier officiel. Le jeu reste l’un des titres les plus attendus de la décennie, et chaque fuite, même mineure, alimente instantanément les débats, les analyses image par image et les spéculations de la communauté.
En attendant une prise de parole plus détaillée de Rockstar ou de Take-Two, cette offensive judiciaire confirme une chose : l’éditeur ne compte pas laisser les fuites de GTA 6 se transformer en feuilleton incontrôlable. Après les suppressions de contenus et les avertissements, place désormais à une réponse plus structurée, directement sur le terrain légal.




