Sony commence clairement à préparer l’après-PS5, mais la PlayStation 6 reste encore loin d’une annonce officielle. Dans ses derniers résultats financiers, le constructeur japonais a confirmé qu’il augmentait ses investissements dans sa future « plateforme de nouvelle génération », tout en reconnaissant que plusieurs éléments majeurs restent encore en suspens. Parmi eux, deux questions centrales pour les joueurs comme pour l’industrie : quand sortira la PS6, et surtout, à quel prix ?
Lors d’un échange avec les investisseurs, Hiroki Totoki, président et CEO de Sony, a expliqué que le groupe n’avait pas encore arrêté de décision concernant le calendrier de lancement ou le positionnement tarifaire de sa prochaine console. Une déclaration prudente, mais importante, car elle montre que Sony surveille de très près l’évolution du marché des composants avant de verrouiller sa stratégie.

Le principal sujet de préoccupation concerne les coûts de production. Selon Totoki, le prix de certains composants essentiels, notamment la mémoire RAM, devrait rester très élevé durant l’année fiscale 2027. En cause : une pénurie d’approvisionnement qui continue de peser sur toute l’industrie technologique. Pour une console de nouvelle génération, où chaque choix matériel peut avoir un impact direct sur la puissance, le prix de vente et la rentabilité, cette situation complique forcément les plans de Sony.
Cette prudence intervient dans un contexte déjà tendu pour la marque PlayStation. Après avoir augmenté le prix de la PS5 sur certains marchés plus tôt dans l’année, Sony a constaté un net recul des ventes hardware. Sur les trois mois terminés le 31 mars, la firme a écoulé 1,5 million de consoles PS5, soit une baisse importante par rapport à la même période l’année précédente. Le total mondial atteint désormais 93,7 millions d’unités, un chiffre solide, mais légèrement inférieur à celui de la PS4 au même stade de son cycle.

Cette dynamique relance naturellement les spéculations autour de la durée de vie de la génération actuelle. Certains analystes estiment désormais que la PS6 pourrait ne pas arriver avant 2028. Si ce scénario se confirme, la génération PS5 pourrait devenir l’une des plus longues de l’histoire de PlayStation, notamment en raison de la hausse des coûts, des tensions sur les composants et d’un marché console devenu plus difficile à équilibrer.
Sony semble également réfléchir à de nouvelles manières de limiter les risques financiers. Totoki a évoqué la possibilité de réduire les coûts en adaptant certains modèles économiques, sans entrer dans les détails. Une déclaration qui laisse entendre que la prochaine génération PlayStation pourrait ne pas seulement dépendre du hardware, mais aussi d’une évolution plus large de l’écosystème : services, numérique, abonnements, marges logicielles et gestion plus fine du prix des consoles.

Sur ce point, Sony peut déjà s’appuyer sur une tendance forte : les ventes de jeux PlayStation sont désormais très largement dominées par le numérique. Cette transition permet au constructeur de mieux rentabiliser son catalogue et ses plateformes, même lorsque les ventes de consoles ralentissent. Malgré une lourde charge liée à Bungie, estimée à 565 millions de dollars, la branche gaming de Sony affiche tout de même une hausse de 12 % de son résultat opérationnel.
En clair, la PS6 est bien en préparation, mais Sony ne veut pas précipiter les choses. Entre le coût de la mémoire, l’incertitude autour des composants et la pression sur le prix des consoles, le constructeur japonais avance avec prudence. La prochaine PlayStation devra être suffisamment puissante pour marquer une vraie rupture, mais aussi suffisamment maîtrisée économiquement pour ne pas devenir inaccessible. Et c’est probablement là que se jouera le vrai défi de la PS6.

