Si la PlayStation 5 continue de s’écouler par palettes avec un parc installé qui frôle désormais le cap symbolique des 100 millions, tout n’est pas rose au royaume de Sony. Lors de son dernier bilan financier de février 2026, le constructeur a jeté un pavé dans la mare : la flambée des coûts de production, tirée par la crise des composants IA, force le géant japonais à revoir sa stratégie. Et spoiler : cela passera par une « monétisation » accrue des joueurs.
C’est une information rapportée par le site Automaton : lors du dernier conférence téléphonique sur les résultats financiers, Lin Tao, le CFO de Sony, a abordé sans détour la situation actuelle qui fait frémir l’industrie. Alors que la PlayStation 5 affiche une santé insolente avec 92,2 millions d’unités écoulées à travers le monde, la réalité industrielle se durcit. En cause ? L’explosion du prix de la mémoire (RAM), conséquence directe de la voracité du secteur de l’intelligence artificielle qui siphonne les stocks mondiaux de semi-conducteurs.
L’équation impossible du hardware

Sony a confirmé avoir sécurisé les stocks de mémoire nécessaires pour la fin de l’année fiscale. Pas de pénurie en vue, donc. Mais à quel prix ? Pour amortir ces coûts de fabrication qui ne baissent pas voire qui augmentent, une anomalie à ce stade du cycle de vie d’une console, le constructeur a été clair. L’objectif est de « minimiser l’impact« sur ses marges.
Traduction pour les non-initiés : si Sony ne peut plus compter sur une baisse des coûts de production pour être rentable sur le hardware, l’argent devra venir d’ailleurs.
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« Monétiser la base installée » : vers un PS Plus plus salé ?

C’est là que le discours devient plus délicat pour le consommateur final. La nouvelle mantra de Sony tient en trois mots : Services, Software, Réseau. Lin Tao a explicitement évoqué la nécessité de « monétiser la base installée ».
Concrètement, une augmentation sèche du prix des jeux semble peu probable, Sony cherchant avant tout à écouler du volume. En revanche, tous les voyants pointent vers une révision tarifaire des services réseaux. Avec 132 millions d’utilisateurs actifs mensuels sur le PSN, une hausse de l’abonnement PlayStation Plus semble être le levier le plus évident et le plus lucratif pour compenser la facture du hardware. Pour jouer en ligne ou accéder au catalogue, il faudra sans doute mettre la main à la poche.
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Le tout-dématérialisé comme bouée de sauvetage

Heureusement pour la firme, la transition numérique, elle, est un franc succès. Le dématérialisé pèse désormais 76% des ventes de jeux, une manne financière qui permet d’éviter les coûts de distribution physique.
Côté software, la machine tourne à plein régime. Le lancement réussi de Ghost of Yotei (Sucker Punch) en est la preuve flagrante : avec 3,3 millions d’exemplaires vendus rapidement, les titres first-party restent la locomotive indiscutable de l’écosystème PlayStation, entraînant une hausse significative des revenus de la branche.
Une génération qui joue les prolongations ?

Cette conjoncture économique tendue pourrait avoir une dernière conséquence majeure : le calendrier. Toujours selon les éléments relayés, Sony envisagerait sérieusement de repousser l’arrivée de la PlayStation 6 à 2028, voire 2029. L’objectif ? Attendre que le marché des composants, actuellement en surchauffe à cause de l’IA, revienne à des tarifs plus raisonnables.
La PS5 a encore de beaux jours devant elle, mais le modèle économique change. Entre une « Digital Edition » agressive lancée au Japon pour contrer l’inflation et une volonté affichée de maximiser les revenus par abonné, Sony prépare sa communauté à une fin de génération où le service sera roi. Reste à voir jusqu’où les joueurs accepteront de suivre.

