Après des mois de rumeurs et de spéculations, la licence God of War est enfin de retour. Mais contre toute attente, ce nouvel épisode ne joue pas la carte du blockbuster XXL. Avec Sons of Sparta, Sony opte pour une approche plus modeste, centrée sur un format Metroidvania et une exploration plus intimiste du passé de Kratos.
Un choix créatif fort, qui peine toutefois à faire l’unanimité.
Un accueil mitigé pour un épisode hors normes

Sur Metacritic, God of War: Sons of Sparta affiche un score utilisateur de 7,4. Un chiffre honorable en soi, mais inhabituellement bas pour une franchise habituée aux sommets critiques. Il s’agit même du score le plus faible de la série, passant sous celui de God of War: Ascension, pourtant déjà controversé à sa sortie.
Ce résultat traduit un sentiment partagé : si certains joueurs saluent la prise de risque et la volonté de renouvellement, d’autres peinent à accepter ce changement de cap. Pour beaucoup, God of War reste indissociable d’une mise en scène spectaculaire, d’un budget colossal et d’une ambition cinématographique assumée.
Face à cette image de marque solidement ancrée, Sons of Sparta_toggle propose une expérience plus contenue, recentrée sur l’exploration, la progression et la narration environnementale. Un contraste qui ne passe pas inaperçu.
Une proposition créative sous pression

Dans son gameplay comme dans sa structure, Sons of Sparta s’éloigne des standards récents de la série. Fini les vastes panoramas nordiques et les affrontements titanesques en continu. Place à une progression plus méthodique, à des zones interconnectées et à un rythme volontairement plus posé.
Un parti pris que certains considèrent comme rafraîchissant. Le jeu développe une atmosphère plus introspective, mettant en avant un Kratos plus jeune, confronté à ses démons et à ses origines. L’univers grec y est revisité avec sobriété, privilégiant la cohérence narrative à l’escalade spectaculaire.
Mais cette approche plus minimaliste expose aussi ses limites. Plusieurs critiques pointent un manque de variété dans les environnements, une structure parfois répétitive et des mécaniques jugées trop classiques pour un titre estampillé God of War.
Pour une partie du public, le jeu donne l’impression de ne jamais exploiter pleinement le potentiel de sa licence.
Certains observateurs vont même plus loin, estimant que sans le poids du nom, Sons of Sparta serait perçu comme une production intermédiaire parmi d’autres sur le PlayStation Store.
Entre attentes déçues et stratégie globale

La réception du jeu s’explique en grande partie par un décalage entre attentes et réalité. Depuis plus d’une décennie, God of War incarne l’excellence technique et narrative chez Sony. Chaque nouvel opus est attendu comme un événement majeur.
Dans ce contexte, proposer un spin-off à budget plus contenu relève presque de la rupture symbolique.
Une rupture qui a été accentuée par certaines critiques publiques, y compris de figures historiques liées à la saga, renforçant le scepticisme d’une partie des fans.
Pourtant, replacé dans une stratégie globale, ce projet semble loin d’être anecdotique. En parallèle, Sony multiplie les annonces autour de la franchise : remake de la trilogie grecque, adaptation en série, et rumeurs persistantes autour d’un futur épisode principal.

Sons of Sparta apparaît alors comme un laboratoire créatif, une tentative d’explorer d’autres formats sans remettre en cause les piliers de la saga.
God of War: Sons of Sparta n’est ni un échec, ni un chef-d’œuvre. Il s’impose comme un épisode de transition, à la croisée des chemins entre tradition et expérimentation. Son score de 7,4 reflète moins une réelle faiblesse qu’un malaise face à un changement de paradigme.
En s’éloignant temporairement de la démesure qui a fait sa réputation, la licence teste de nouveaux territoires. Une démarche risquée, mais souvent nécessaire pour éviter l’essoufflement créatif.
Reste à savoir si, avec le recul, Sons of Sparta sera reconsidéré comme une parenthèse maladroite… ou comme une tentative sincère de réinventer le mythe sous un autre angle.
Une chose est sûre : Kratos, lui, n’a pas fini de faire parler de lui.

