Après plusieurs mois marqués par l’incertitude et les restructurations, Ubisoft entrevoit enfin une éclaircie. Selon son rapport financier du troisième trimestre de l’exercice 2025, l’éditeur français a enregistré des performances supérieures à ses attentes, portées en grande partie par Assassin’s Creed Shadows et le DLC de la Vallée des souvenirs pour Assassin’s Creed Mirage.
Dans un contexte interne encore fragile, ces résultats apparaissent comme un signal positif, voire salvateur, pour un groupe en quête de stabilité.
Le pari japonais enfin gagnant

Avec Assassin’s Creed Shadows, Ubisoft a enfin concrétisé un rêve de longue date : proposer un épisode principal se déroulant dans le Japon féodal. Un cadre réclamé depuis plus d’une décennie par la communauté, et qui trouve ici une traduction ambitieuse, mêlant infiltration, parkour et combats tactiques.
Le duo formé par Naoe et Yasuke, aux styles radicalement opposés, apporte une vraie richesse au gameplay. Discrétion, agilité, puissance brute : l’alternance entre les deux protagonistes renouvelle efficacement la formule.
La sortie de la version Switch 2 a également joué un rôle déterminant dans la hausse de l’engagement, attirant un nouveau public et relançant l’activité sur le long terme.
Résultat : une augmentation notable du nombre de joueurs actifs et un regain d’intérêt autour de la licence.
Vallée des souvenirs approfondit l’univers de Mirage

En parallèle, le DLC de la Vallée des souvenirs pour Assassin’s Creed Mirage a renforcé la dynamique positive. Centré sur le passé de Basim, ce contenu narratif a séduit les fans par son approche plus introspective et son écriture soignée.
Ubisoft démontre ici sa capacité à prolonger intelligemment la durée de vie de ses jeux grâce à des extensions pertinentes, capables de maintenir l’attention sans tomber dans le simple contenu cosmétique.
Des résultats financiers au-dessus des attentes

Dans son communiqué, Ubisoft se félicite d’une croissance à deux chiffres des réservations nettes sur un an, dépassant ses prévisions internes.
Le PDG Yves Guillemot n’a pas manqué de souligner cette performance :
« Nous avons réalisé un solide troisième trimestre, avec une croissance à deux chiffres de nos réservations nettes. Cela reflète la force de notre catalogue et l’engagement durable des joueurs. »
Un discours qui vise clairement à rassurer investisseurs et partenaires, alors que les plans de restructuration du groupe continuent de susciter des débats.
Un succès crucial pour l’avenir du studio

Après une série de sorties jugées décevantes ces dernières années, Assassin’s Creed Shadows représentait un véritable test pour Ubisoft. L’échec n’était pas une option.
Son succès apparaît donc comme un tournant stratégique. Il confirme que la franchise reste capable de fédérer massivement, à condition de proposer des projets ambitieux et cohérents.
Plus qu’un simple bon lancement, Shadows agit comme un symbole : celui d’un éditeur qui tente de retrouver son ADN créatif après une période de turbulences.
Si ce trimestre est encourageant, il ne suffit pas encore à effacer toutes les inquiétudes. Ubisoft reste engagé dans une phase de transformation profonde, entre rationalisation des coûts, réorganisation interne et repositionnement créatif.
Le véritable défi sera désormais de maintenir ce niveau d’exigence sur la durée.
Avec Assassin’s Creed Shadows, le studio prouve qu’il en est encore capable. Reste à transformer cet essai en trajectoire durable.

