Malgré les discours rassurants de Microsoft, les chiffres racontent une autre histoire. Le dernier rapport “State of the Game Industry” de la Game Developers Conference (GDC), relayé par Christopher Dring (The Game Business), confirme une tendance désormais bien installée : les développeurs privilégient nettement le PC et la PlayStation 5, tandis que Xbox Series X|S peine encore à convaincre.
D’année en année, l’écart se creuse, et le constat devient difficile à ignorer.
Le PC, plateforme reine du développement

Sans surprise, le PC domine très largement le paysage du développement. Selon l’étude, 83 % des développeurs interrogés travaillent actuellement sur des projets PC, et 80 % déclarent vouloir continuer à le faire. Une hégémonie qui s’explique autant par la flexibilité de la plateforme que par son écosystème ouvert, devenu incontournable pour les studios indépendants comme pour les productions AAA.
Dans cet environnement, le PC n’est plus une option parmi d’autres : il est le socle sur lequel se construisent la majorité des projets.
PlayStation 5 confirme son attractivité

Derrière le PC, la PlayStation 5 s’impose comme la console la plus attractive pour les développeurs. Le rapport indique que 47 % des studios travaillent actuellement sur des jeux PS5, contre 40 % pour Xbox Series X|S, soit un écart de sept points en faveur de Sony.
Mais c’est surtout du côté de l’intérêt futur que la différence devient frappante : 40 % des développeurs souhaitent travailler sur des projets PS5, contre seulement 20 % pour Xbox. Un chiffre qui en dit long sur la perception actuelle des deux écosystèmes, et sur la confiance accordée à la stratégie de Sony.
Xbox progresse… mais reste à la traîne

Tout n’est pas totalement sombre pour Microsoft. Comparée aux données de 2024, la part de développeurs travaillant sur Xbox Series X|S est passée de 34 % à 40 %, signe d’un léger regain d’activité. Toutefois, cette progression reste modeste face à celle de la PS5, qui a bondi de 38 % à 47 % sur la même période.
En clair, Xbox avance, mais moins vite que ses concurrents directs, et surtout sans parvenir à rattraper son retard structurel en matière d’attrait créatif.
Le retour en force des plateformes portables

Autre enseignement notable du rapport : l’intérêt croissant pour les plateformes portables. Le Steam Deck s’impose comme la quatrième plateforme la plus utilisée, avec 28 % des développeurs travaillant ou optimisant leurs jeux pour la machine de Valve.
Du côté de Nintendo, la future Switch 2 suscite déjà une forte curiosité, puisque 39 % des participants déclarent vouloir développer dessus, à seulement un point derrière le Steam Deck (40 %). Un signal clair que le jeu nomade reste un terrain d’innovation très surveillé par les studios.
XR, VR et IA générative : des signaux contrastés

Le rapport met également en lumière le désintérêt persistant pour la XR et la VR. Seuls 8 % des développeurs travaillent actuellement sur ce type de projets, avec une domination écrasante de Meta Quest et Horizon Store, cités par 82 % des répondants. Un chiffre qui résonne avec les pertes financières massives de la division Reality Labs de Meta.
Enfin, le sujet brûlant de l’IA générative continue de diviser. La part de développeurs estimant que cette technologie nuit à l’industrie est passée de 30 % à 52 % en un an. Paradoxalement, son adoption progresse : 78 % des répondants travaillent désormais dans des entreprises disposant de règles encadrant son usage, principalement pour la recherche et le brainstorming, la rédaction d’emails et l’assistance au code.
Au final, ce rapport GDC confirme une réalité de plus en plus nette : le PC et la PlayStation 5 constituent aujourd’hui les piliers du développement vidéoludique, tandis que Xbox Series X|S continue de souffrir d’un déficit d’attractivité, malgré quelques progrès.
Dans un secteur où les ressources sont comptées et les risques élevés, les développeurs vont là où la visibilité, la stabilité et le public sont déjà acquis. Et pour l’instant, la balance penche clairement du même côté.

