Après plusieurs épisodes marqués par des tentatives d’ouverture et une tonalité plus mesurée, Gears of War semble prêt à regarder dans le rétroviseur. Avec Gears of War: E-Day, The Coalition affiche une ambition claire : renouer avec la brutalité, la gravité et l’intensité émotionnelle qui ont façonné l’identité de la série à ses débuts.
Longtemps référence du shooter à la troisième personne, la licence avait vu son impact culturel s’atténuer après l’âge d’or de Gears of War 2. Si Gears 4 et Gears 5 restent salués pour leur maîtrise technique, leur approche plus expansive du level design et des enjeux narratifs moins désespérés ont divisé une partie des fans historiques.
Un retour aux fondamentaux, assumé et revendiqué

Dans une interview accordée à GamesRadar+, Matt Searcy, directeur créatif de E-Day, confirme cette volonté de retour aux sources. Le développement du jeu s’est articulé autour d’un désir précis : retrouver le ton, l’atmosphère et la structure des premiers Gears.
Searcy explique que l’équipe disposait de solides points d’ancrage dans le lore, tout en conservant suffisamment de liberté pour introduire de nouvelles idées. Revenir aux « vibes » originales de la saga, explorer en détail l’Émergence et imaginer l’impact de l’invasion Locust sur une ville entière ont constitué le point de départ du projet. Une manière de replonger la série dans ce qui faisait sa force : la sensation d’un monde qui s’effondre sous les pieds du joueur.
Kalona, théâtre d’une chute inéluctable

Contrairement aux épisodes récents, Gears of War: E-Day fait le choix d’un cadre unique. L’intégralité de l’aventure se déroule à Kalona, ville tristement célèbre pour avoir été l’une des premières à tomber lors de la guerre contre les Locusts. La narration s’étend sur plusieurs jours consécutifs, renforçant l’immersion et l’attachement progressif à cet environnement condamné.
Le joueur traversera des rues urbaines étroites, des quartiers historiques, des installations militaires, des raffineries industrielles et même des zones boisées en périphérie. Un terrain de jeu idéal pour un gameplay orienté cover-shooter, où chaque avancée se paie au prix fort et où la pression ne retombe jamais.
Marcus et Dom, au cœur de l’émotion

Sur le plan narratif, E-Day s’annonce comme l’un des épisodes les plus intimes de la licence. Le jeu s’intéresse aux débuts de Marcus Fenix et Dominic Santiago, et à la naissance de la fraternité qui deviendra le pilier émotionnel de toute la saga.
Selon Matt Searcy, cette approche pourrait offrir « l’une des histoires les plus fortes de Gears of War », en mettant l’accent sur l’humain, la perte et la solidarité plutôt que sur de simples enjeux spectaculaires. Un retour à une émotion brute, loin des récits plus distanciés des épisodes récents.
Toujours sans date de sortie officielle, Gears of War: E-Day s’impose déjà comme un épisode charnière. En optant pour une structure linéaire, une mise en scène resserrée et un ton résolument plus sombre, The Coalition envoie un message clair : Gears n’a pas besoin de se transformer pour exister à nouveau.
Il lui suffit de se souvenir de ce qu’il a toujours été un jeu de guerre tragique, humain et sans concessions.

