Le temps fait son œuvre, y compris dans les murs de Square Enix. Là où certains épisodes de Final Fantasy ont longtemps fait figure de piliers intouchables, les sensibilités évoluent, portées par le renouvellement des équipes et des générations. Lors d’un récent entretien mené par Sean Lim pour GamerBraves, dont des extraits ont été relayés par Genki_JPN sur Twitter/X, Naoki Hamaguchi, réalisateur de la trilogie Final Fantasy 7 Remake, a partagé une observation révélatrice sur l’évolution des goûts au sein du studio.
Selon lui, Final Fantasy 13 s’impose aujourd’hui comme l’épisode le plus apprécié parmi les jeunes employés de Square Enix. Une affirmation qui, au-delà de la surprise, raconte beaucoup de choses sur l’histoire récente de la saga et sur la manière dont elle est désormais perçue en interne.
Quand les références internes se déplacent

Hamaguchi explique que l’identité culturelle d’un studio n’est jamais figée. À mesure que Square Enix s’agrandit et accueille de nouveaux talents, les œuvres fondatrices ne sont plus les mêmes pour tout le monde. Pendant de nombreuses années, Final Fantasy 6 occupait une place à part : un monument créatif, régulièrement cité comme l’épisode favori des développeurs, et une source d’inspiration majeure pour toute une génération.
Mais cette référence commune s’est progressivement estompée avec l’arrivée de profils plus jeunes. Non pas par rejet, mais par simple décalage générationnel. Les jeux qui marquent durablement sont presque toujours ceux que l’on découvre au bon moment, dans un contexte précis.
Final Fantasy 13, une expérience fondatrice pour les plus jeunes

Pour les développeurs ayant grandi à l’époque de la Super Famicom ou de la première PlayStation, Final Fantasy 6 et Final Fantasy 7 ont défini les standards du RPG japonais. À l’inverse, pour les nouvelles recrues, Final Fantasy 13 a souvent constitué la première rencontre marquante avec la licence.
Son approche très cinématographique, sa mise en scène spectaculaire, son esthétique moderne et sa narration très dirigée ont profondément marqué cette génération. Un épisode longtemps débattu par la communauté, parfois critiqué pour sa linéarité, mais dont l’impact émotionnel s’est révélé durable auprès de ceux qui l’ont découvert comme porte d’entrée dans l’univers Final Fantasy.
Une évolution naturelle plutôt qu’un reniement

Hamaguchi insiste sur un point essentiel : ce glissement des préférences n’a rien d’inquiétant. Il s’agit au contraire d’un processus naturel, reflet du renouvellement créatif du studio. Chaque génération arrive avec ses propres références, sa nostalgie et sa sensibilité face aux mêmes œuvres.
Pour le réalisateur, cette diversité interne constitue une richesse. Elle rappelle que Final Fantasy ne peut pas rester figé dans une époque ou un dogme de game design, et que sa longévité repose précisément sur sa capacité à se réinventer sans renier son ADN.
Une philosophie au cœur de Final Fantasy 7 Remake

Cette vision se reflète directement dans la trilogie Final Fantasy 7 Remake. L’objectif n’est pas de livrer une reproduction figée de l’original, mais de le réinterpréter afin qu’il résonne auprès de plusieurs générations de joueurs. Les fans historiques y retrouvent des repères familiers, tandis que ceux dont le premier souvenir marquant est Final Fantasy 13 y reconnaissent une narration et une mise en scène plus proches de leurs codes.
Un équilibre délicat, mais assumé, qui illustre la capacité de la saga à évoluer sans se renier.
En révélant que Final Fantasy 13 est aujourd’hui l’épisode préféré de nombreux jeunes employés de Square Enix, Naoki Hamaguchi met en lumière une réalité souvent sous-estimée : la mémoire d’une saga évolue avec celles et ceux qui la façonnent. Plus qu’une simple anecdote, cette déclaration éclaire la direction créative actuelle de la franchise et confirme que Final Fantasy demeure une série en perpétuel mouvement, capable de dialoguer avec son passé tout en regardant vers l’avenir.

